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Lorient : le catamaran Race for Water bientôt sur le départ pour une expédition, contre la pollution

Le Race for Water amarré à Lorient en attendant son départ pour une expédition anti-pollution / © LOIC VENANCE / AFP
Le Race for Water amarré à Lorient en attendant son départ pour une expédition anti-pollution / © LOIC VENANCE / AFP

Des plages lointaines et paradisiaques envahies de déchets: le catamaran Race for Water, anciennement PlanetSolar, quittera Lorient le 9 avril, pour une expédition de cinq ans autour du globe destinée à lutter en amont contre la pollution des océans par les plastiques.

Par E.C avec AFP

On pourrait l'appeler le catamaran vert, le Race for Water anciennement PlanetSolar s'apprête à larguer les amarres pour cinq ans autour du monde, pour lutter contre la pollution des océans. Il doit quitter le port de Lorient dimanche 9 avril. 

"Les gens ne se rendent pas compte de l'urgence de la situation", assure à l'AFP Marco Simeoni, président de la fondation Race for Water à l'origine du projet. "La situation est vraiment critique", prévient-il.

Quand l'océan devient un dépotoir

L'organisation suisse créée en 2010 avait déjà lancé une expédition maritime d'un an en 2015 pour établir un bilan de la pollution des océans par les plastiques. Elle en était revenue avec un constat alarmant.

"J'ai vu des choses terribles et abominables comme des îles non habitées qui ressemblent à des décharges", raconte Marco Simeoni, en montrant des images de plages paradisiaques entourées d'eaux cristallines jonchées de débris plastiques, allant de minuscules morceaux colorés jusqu'à une chaise de jardin blanche. Selon Greenpeace, entre 5 et 12 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans.

1 kilo de plastique pour 5 kilos de poissons


"Aujourd'hui on estime à environ un kilo de plastique pour 5 kilos de poissons dans nos océans, c'est l'équivalent d'un camion poubelle qui y est déversé chaque minute" rappelle Marco Simeoni, citant un rapport de 2016 réalisé par la fondation de la navigatrice Ellen MacArthur et le cabinet McKinsey, selon lequel si rien ne change, les océans contiendront plus de plastique que de poissons, en poids, d'ici 2050.

"Il faut absolument faire en sorte que le plastique ne puisse pas atteindre l'eau car une fois qu'il est parti au large c'est quasiment mission impossible de le récupérer", assure Marco Simeoni, désormais convaincu que le "combat doit se jouer à terre".

Naviguer, pour sensibiliser


L'expédition Race for Water, d'une durée de cinq ans, consistera à sensibiliser la population locale au problème, à mener des études scientifiques au service des océans, à commencer par celle consistant à évaluer l'impact des microplastiques sur les écosystèmes marins, ainsi qu'à promouvoir de nouvelles solutions technologiques capables de lutter contre cette pollution.

Parmi ces solutions, celle imaginée par la société française d'ingénierie ETIA, consistant à valoriser les déchets plastiques usagés en les convertissant en énergie renouvelable. La société, désormais partenaire technologique de la fondation suisse, a mis au point un système de pyrolyse à très haute température qui permet de transformer les déchets plastiques en gaz synthétique, pouvant être transformé à son tour en électricité grâce à des génératrices.

"A plus de 20 centimes le kilowattheure d'électricité (kWh) on arrive à des rendements qui nous permettraient de payer aussi des collecteurs de rue pour ramasser les déchets plastiques", s'enthousiasme Marco Simeoni. 

Le catamaran Race for Water, de 35 mètres de long, s'était fait connaître en 2012 sous le nom de PlanetSolar pour avoir achevé un premier tour du monde à l'énergie solaire grâce à une surface de 540 m2 de panneaux solaires. Le navire, donné en 2015 à la fondation dédiée à la préservation de l'eau, a subi depuis d'importantes modifications - pour un montant de cinq millions d'euros - afin de le rendre encore plus autonome en énergie. Il a notamment été doté d'une unité de production d'hydrogène fonctionnant avec de l'eau dessalée à bord, ainsi que d'un cerf-volant de traction d'une surface de 40 m2, représentant un équivalent de 500 m2 de voile sur la mer. Commandé par le navigateur Gérard d'Aboville, il profitera d'événements de portée internationale pour faire escale dans des zones d'intérêt pour la recherche scientifique et pour atteindre une large audience.

Race for Water fera notamment escale de mai à juin aux Bermudes à l'occasion de l'America's Cup, puis sera à Tokyo pour les Jeux Olympiques de 2020 et à Dubaï, entre octobre 2020 et avril 2021, pour l'Exposition Universelle.

Race for Water sur le départ
Race for Water repart pour une Grande odyssée autour de la planète et pour cinq années de test scientifiques. L'ancien Planète Solar est sur le départ dimanche 9 avril, mais les passionnés pourront une dernière fois saluer le bateau qui fit le tour de la planète à la force de ses cellules photoélectriques. Intervenants : Martin Gavériaux, ingénieur de bord "Race For Water" - Marco Siméoni, président de la Fondation "Race For Water" - Reportage : S. Izad - P. Beaugey


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