Lorient : le nombre de victimes potentielles de Joël Le Scouarnec s'élève désormais à 349

Conférence de presse de la Procureur Laureline Peyrefitte à l'issue de la réunion d'information avec les victimes / © Kévin Gaignoux - France Télévisions
Conférence de presse de la Procureur Laureline Peyrefitte à l'issue de la réunion d'information avec les victimes / © Kévin Gaignoux - France Télévisions

Suite à la réunion d'information ce vendredi matin, avec les victimes de Joël Le Scouarnec, Laureline Peyrefitte, procureur de Lorient, a annoncé que leur nombre s'élève désormais à 349. Le chirurgien est suspecté de viols et agressions sexuelles sur des patients mineurs durant près de 30 ans. 

Par Krystel Veillard (avec AFP)


Le chiffre provoque l'effroi. L'affaire Le Scouarnec est d'une ampleur tout à fait inédite. Le nombre de victimes potentielles du chirurgien pédocriminel s'élève désormais à 349, a annoncé à la presse ce vendredi Laureline Peyrefitte, procureur de Lorient, où ce dossier est instruit, précisant encore que "Parmi ces faits, certains sont prescrits""229 personnes ont été entendues dont 197 ont déposé plainte". "Il s'agit d'une procédure hors norme tant par la manière dont les faits ont été révélés à la justice que par le nombre personnes concernées", a souligné la magistrate. La justice a découvert l'ampleur du dossier lors d'une perquisition au domicile de Joël Le Scouarnec en mai 2017 et non par le dépôt de plaintes de plusieurs victimes.
  



Une réunion d'information avec les victimes


Ce vendredi matin la magistrate avait convié les victimes potentielles, à l'Océanis de Ploemeur, près de Lorient, pour une réunion d'information. 140 personnes, victimes et proches, se sont déplacées, pour cette réunion qui a duré près de trois heures. Compte tenu de la médiatisation de l'affaire, des forces de l'ordre étaient présentes pour contrôler les identités et empêcher l'accès aux personnes non-autorisées. Vers 12h20 les premières personnes ont quitté la salle seules, par deux ou en groupe, pour regagner leur voiture, sans faire de déclaration. Des femmes étaient présentes en majorité, âgées d'une trentaine ou d'une quarantaine d'années, beaucoup le visage marqué ou cachant leur visage avec une écharpe ou une capuche, a constaté un journaliste de l'AFP. "C'est de l'ordre privé, je ne peux rien dire", a dit un participant d'une trentaine d'années, interrogé sur la teneur des échanges. "Pour l'instant on reste dans le flou, la procureure nous a parlé de tout ce qui a été dit dans la presse et a répété que ça (la procédure, NDLR) allait prendre du temps", a rapidement expliqué une participante. "Veiller à la qualité de l'accompagnement des victimes fait partie de mes préoccupations et dans un dossier tel que celui-ci c'est un défi majeur", a précisé la procureure.
 
 

Une quantité impressionnante de documents à analyser


Lors de la conférence de presse qui a suivi, la procureur de la République a indiqué que les investigations, menées par la Section de recherches de Poitiers, étaient particulièrement difficiles en raison du nombre de données et par "la litanie souvent insoutenable des écrits" rédigés par l'ex-chirurgien sur une période de 26 ans. "Après analyse de divers supports informatiques saisis, ce sont près de 300.000 fichiers photographiques, 650 fichiers vidéos, et un nombre considérable d'écrits, répertoriés dans différents fichiers classés par ordre chronologique qui ont été retrouvés et qui dont dû faire l'objet d'une analyse approfondie", a encore détaillé Laureline Peyrefitte.
 
 

Création d'une cellule nationale d'enquête


La procureure a ainsi vigoureusement contesté tout "temps mort" dans l'enquête. Elle a souligné que la gendarmerie a mis en oeuvre "des moyens conséquents pour traiter cette enquête judiciaire particulièrement sensible", avec la création d'une cellule nationale d'enquête, composée de cinq gendarmes, sous l'égide de la Direction générale de la gendarmerie nationale et pilotée par la SR de Poitiers. Alors que l'enquête préliminaire se poursuivra "au moins" pendant le premier trimestre 2020 avant l'ouverture probable d'une information judiciaire, les investigations, outre l'identification des victimes, cherchent à retracer minutieusement le "parcours professionnel" du chirurgien, qui a sillonné l'Ouest, à Loches (Indre-et-Loire), Vannes et Lorient (Morbihan) et en Charente-Maritime, à l'hôpital de Jonzac, lieu de son dernier domicile.
 

Que savait la hiérarchie et les différents employeurs du chirurgien ?


La magistrate a également expliqué que l'enquête visant des faits survenus entre 1986 et 2014 devrait faire toute la lumière sur les rapports de l'ex-chirurgien avec ses différents employeurs"Bien entendu l'enquête s'attachera à rechercher également les informations dont sa hiérarchie et les autorités administratives, dont il dépendait, pouvaient disposer, et ce après sa condamnation par le tribunal correctionnel en novembre 2005 pour détention d'images à caractère pédopornographique", a dit la procureure.
 

Devant la Cour d'Assises de la Charente-Maritime au mois de mars


Joël Le Scouarnec, 68 ans, est incarcéré depuis sa mise en examen il y a deux ans et devra répondre du 13 au 17 mars devant la cour d'assises de la Charente-Maritime,  à Saintes, d'accusations de viols et d'agressions sexuelles sur quatre victimes, mineures à l'époque des faits. Ces faits, qu'il reconnaît partiellement, remontent aux années 1989 à 2017. Durant cette période, le chirurgien a travaillé en Touraine, à Loches (Indre-et-Loire), en Bretagne, à Vannes et Lorient (Morbihan) et en Charente-Maritime, à l'hôpital de Jonzac, lieu de son dernier domicile. Mais les enquêteurs ont découvert en 2017 à son domicile de mystérieux carnets comprenant des noms d'enfants. 
 


   
    
   
   

 

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