Vendée Globe : le radeau de survie, l'ultime recours pour s'en sortir

11 heures, c'est le temps passé par Kévin Escoffier, skipper du Vendée Globe, dans son radeau de survie, jusqu'à ce que Jean Le Cam puisse le secourir. Fait rare, son bateau s'est plié en deux. Il n'a pas eu d'autre choix que d'utiliser son radeau. 
C'est un radeau de survie comme celui-ci que Kévin Escoffier a dû utiliser pendant le Vendée Globe
C'est un radeau de survie comme celui-ci que Kévin Escoffier a dû utiliser pendant le Vendée Globe © Graham Snook – Plastimo
"Dans le radeau, on ne fait pas le malin." Le skipper Kévin Escoffier revient sur l'accident qu'il a vécu pendant ce Vendée Globe, au micro de nos confrères d'Europe 1. Lundi, son bateau se casse en deux, au milieu d'une mer forte. Il a alors tout juste le temps de se jeter dans son radeau de survie. Jean Le Cam, son concurrent le plus proche, est dérouté pour lui venir en aide. Une fois sur place, il a dû localiser son comparse et s'ajuster en fonction des éléments. "Jean est reparti pour pouvoir ajuster la toile et devenir manœuvrant et moi, j'ai passé la nuit dans le radeau à me faire bercer par les vagues qui venaient déferler. Puis on a attendu le petit matin pour réussir un transbordement."

Un radeau de survie, ce n'est pas fait pour se déplacer mais pour attendre les secours. Il faut être le plus possible au même endroit 

Cathy Millien

Les radeaux de survie du Vendée Globe sont en majorité fabriqués et fournis par la société Plastimo, basée à Lorient, sur la base de normes internationales très strictes. "Cette année, 27 bateaux sur 33 en sont équipés", explique Cathy Millien, en charge de la communication. Deux radeaux de survie se trouvent à bord (une règle imposée par la course). "Globalement, l'un est positionné près de la trappe de survie (une porte à l'arrière du bateau prévue en cas de retournement) et un autre à l'extérieur."

Les participants du Vendée Globe demandent à voyager très léger. Les radeaux qui leur sont fournis peuvent accueillir quatre personnes, "ce sont les plus petits, ils font 33,5 kilos", détaille Cathy Millien.

Le skipper ne doit se jeter à l'eau qu'en dernier recours, dans son radeau. Il est préférable de rester sur son bateau même s'il s'est retourné, pour être repéré par les secours. Mais là, un bateau cassé en deux, on n'avait jamais vu ça. 

Cathy Millien

 

Un radeau de survie comment ça marche ?


"Cela ne se déplie pas tout seul. Il faut que le skipper le percute. Il va tirer sur un cordon qui dépasse de sa caisse de transport, un pointeau va percer l'opercule d'une bouteille d'azote et déclencher le gonflement du radeau, en moins d'une minute" précise Cathy Millien. 

Les radeaux sont très colorés, munis aussi de bandes réfléchissantes. Lors du percutage, une lampe clignotante s'allume automatiquement, montée sur le haut de la tente. "Elle a une autonomie de douze heures, le skipper devra préserver son utilisation, notamment si un incident a lieu en plein jour, il ne faut pas gâcher son utilisation." 

Un radeau c'est apporter de la flottabilité, protéger, faire voir 

Cathy Millien


Le 7 novembre dernier, Plastimo a reçu Kévin Escoffier. Cathy Millien confie : "J'espère que ce qu'il a vu ce jour-là lui a servi." 


Que trouve-t-on à bord du radeau ?


A l'intérieur du radeau, on retrouve de l'eau potable, en sachet individuel (comme le radeau est pour quatre personnes, il y a en tout presque six litres), de la nourriture en ration de survie (des biscuits protéinés), de quoi tenir entre dix et quinze jours, "ce qui n'arrive plus désormais. Les navigateurs sont vite repérés grâce à leur balise individuelle, comme ça a été le cas pour Kévin Escoffier." Il y a aussi des pagaies, pas pour se déplacer mais plutôt pour se tenir à distance du bateau, si jamais. 


 
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