Violences urbaines. Pas d'enquête pénale et l'image de la ville ternie. Que sait-on du groupe anti-casseurs de Lorient ?

Une enquête de commandement a été ouverte par le Ministère des Armées sur des militaires ayant aidé les forces de l'ordre face aux émeutiers à Lorient dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet. De son côté, le procureur de la République n'entend pas ouvrir pour l'heure d'enquête pénale. Le maire de Lorient réagit également face aux rumeurs de milices au sein de ces interventions.

Les conditions de l'interpellation de quatre individus par la police lors des émeutes à Lorient le week-end dernier ainsi que la présence d'anti-casseurs aux côtés des forces de l'ordre lors de l’intervention, voire d’une « milice » au centre-ville, au cours de la nuit du 30 juin au 1er juillet 2023, font couler beaucoup d'encre. Une cinquantaine de policiers et de gendarmes avait été mobilisée pour faire face à ces faits. Ce soir-là, du mobilier urbain et au moins un véhicule ont été incendiés, des commerces ont été dégradés, des violences aggravées ont été commises, précise dans un communiqué le Parquet de Lorient.

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Parmi les personnes qui ont prêté main forte aux policiers, se trouveraient des militaires de la Forfusco (Force maritime des fusiliers et commandos), unité basée à Lorient, selon différents témoignages et les explications sous couvert d'anonymat d'un militaire recueillis par nos confrères de Ouest-France.

La Forfusco a réagi en certifiant qu'elle" n'avait pas d'éléments factuels concernant ou non la participation de certains de ses membres à cette action". Néanmoins, le Ministère des Armées a ouvert une enquête de commandement.

Pas d'ouverture d'enquête pénale

De son côté, Stéphane Kellenberger, procureur de la République de Lorient a précisé mercredi 5 juillet au soir que dans cette affaire, "les conditions de l'ouverture d'une enquête pénale ne sont pas réunies à ce jour."

Il explique dans un communiqué : "à part les éléments évoqués par des articles dans la presse, qui font état de «gens observés sur place » et rapportent des propos tenus par des anonymes, le Parquet de Lorient ne dispose, en l’état, d’aucun élément concret, ni objectif, pas plus qu’il n’a été destinataire d’aucune plainte, de la part de quiconque, à ce sujet. Les seuls éléments de procédure dont il dispose, issus des quatre interpellations de police intervenues, en tout et pour tout, au cours de la nuit évoquée, ne font aucune mention du sujet médiatiquement rapporté."

Stéphane Kellenberger rajoute qu'en l’absence d’éléments objectifs, de toute plainte et de toute saisine de son Parquet et aussi au regard des dispositions de l’article 73 du Code de procédure pénale, il apparaît que les conditions de l’ouverture d’une enquête pénale ne sont pas réunies.

Le maire de Lorient défend l'image de sa ville face aux rumeurs

La réaction du maire UDI de Lorient est vive face aux rumeurs qui évoquent une "milice" qui aurait prêté main forte à la police pour contrecarrer les émeutiers.

"Je ne laisserai pas abîmer l'image de Lorient ! Je dénonce l'attitude de certains partis politiques qui cherchent à souffler sur les braises en faisant référence notamment à la formation d'une milice, formation de police auxiliaire de triste mémoire en France" tempête Fabrice Loher. Quant à la présence de militaires, (forcément en civil, car la tenue n'est plus autorisée en ville) précise l'élu, elle est habituelle à Lorient et comme chaque citoyen, ils peuvent aider des individus victimes d'agression, dans le respect de la loi.

Dans un communiqué publié mercredi 5 juillet, Fabrice Loher souligne enfin que "c'est faire injure au professionnalisme de nos forces de l'ordre de penser que leur seule action n'aurait pas suffi à rétablir l'ordre ce soir-là à Lorient."

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