Morbihan : 11 ans après les révélations des associations reste-t-il toujours des déchets radioactifs ?

Manifestation à Vannes pour la décontaminations de sites où l'uranium a été exploité / © Maylen Villaverde
Manifestation à Vannes pour la décontaminations de sites où l'uranium a été exploité / © Maylen Villaverde

L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a rendu public son rapport d'activité 2018. Selon elle "tous les sites nécessitant des travaux de manière prioritaire ont été traités". Ce n'est pas l'avis de l'association Roz Glas.
 

Par Maylen Villaverde

Dans le Morbihan, 26 mines d'uranium ont été exploitées jusque dans les années 80.  Ces sites d'extraction ont été dépollués mais qu'en est-il des stériles et autres déchets radioactifs ? Selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) "tous les sites qui nécessitaient des travaux de manière prioritaires ont été traités". Ce n'est pas l'avis de l'association Roz Glas.

Depuis la circulaire Borloo de 2009 ORANO (nouveau nom d'AREVA) est obligé de recenser les sites contaminés et de procéder à la dépollution des lieux dont le niveau de radioactivité est dangereux pour la santé.

La pollution provient de deux sortes de déchets : les stériles et les sédiments ou boues radioactives. Les stériles désignent les produits constitués des sols et roches excavés pour accéder aux gisements. La pollution des boues et sédiments provient quant à elle des eaux utlisées pour l'extraction du minerai.
 

10 ou 37 sites pollués par des stériles ? 


Dans le Morbihan les stériles de 10 mines ont été utilisés comme remblais pour des parkings, des routes et même des cours de maison sur quatre communes du département : Lignol, Bubry, Guern et Inguiniel.

L'association Roz Glas est à l'origine de ces révélations il y a maintenant 11 ans. Ce n'est pourtant qu'en 2017 qu'Orano réalise enfin le recensement.

37 sites comportant des stériles ont été identifiés par le collectif de citoyens. De leur côté la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) et l'ASN ont mené des inspections conjointes et ont conclu que seuls 10 sites nécéssitaient des travaux. Ceux là ont donc été traités contrairement aux 27 autres que l'ASN estime "sujet à discussion".
 

Une décontamination incomplète et superficielle selon Roz Glas


Concernant les boues et sédiments radioactifs 5 sites prioritaires ont été étudiés par l'ASN et la DREAL. Selon ces autorités les analyses et calculs de risque ont montré que seul 3 de ces 5 sites devaient être dépollués pour ne pas exposer la population à un niveau de radioactivité supérieur au seuil fixé comme dangereux. "Plusieurs milliers de mètres cubes de terre ont donc été excavés" [en 2019] a expliqué Yoann Terliska, chef adoint de la division de l'ASN de Nantes à un confrère de Ouest-France. 

Pour Roz Glas, c'est plutôt une dizaine de sites qui sont concernés par ce type de pollution. Patrick Boulet, président de l'association estime que "les premier travaux de "réhabilitation" menés par Orano (AREVA) sont incomplets et superficiels à certains endroits". Après les premiers travaux de réhabilitation par Orano, Roz Glas avait déjà relevé de la radioactivité dans une zone humide de Bubry et dans des fossés longeant une route qui venait d'être décontaminée...


Le film "Bretagne radieuse" conscré au sujet sera diffusé  en avant première à Guéméné-sur-Scorff le 10 octobre, au TNB de Rennes le 15 octobre à 20h, puis sur France 3 Bretagne le 21 octobe prochain.
 
Bretagne Radieuse, un film de Larbi Benchia / © JPL
Bretagne Radieuse, un film de Larbi Benchia / © JPL

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Pauline Kerscaven sur le plateau de Bali Breizh

Les + Lus