Ploemeur. Des collégiens initiés au street art par Speedy Graphito

Au collège Charles de Gaulle de Ploemeur, près de Lorient, les élèves ont le droit de peindre sur les murs. Et cela fait 15 ans que ça dure, à l'initiative du professeur d'arts plastiques. Cette année, l'enseignant a invité Speedy Graphito, l'un des pionniers du street art en France. 

Collages, peintures, pochoirs, les élèves de troisième s'expriment sur les murs de leur collège à Ploemeur
Collages, peintures, pochoirs, les élèves de troisième s'expriment sur les murs de leur collège à Ploemeur © J. Vincent-Seignet - France Télévisions

Au collège Charles de Gaulle à Ploemeur, les murs sont devenus un lieu d'expression et de création. Depuis 15 ans, Jean-Yves Gauthé, le professeur d'arts plastiques organise des ateliers, tout au long de l'année.

Ces derniers rassemblent entre 15 et 30 élèves de troisième volontaires, une heure par semaine. "Les murs me paraissaient le support idéal pour faire de l'art pour comprendre l'art. C'était l'idée de départ. Le support devient en plus un cadre de vie." 

Ces moments s'inscrivent hors du programme scolaire et enthousiasment les nouveaux. "Personnellement, je ne suis arrivée que cette année. Dans mon ancien collège ce n'était pas du tout comme ça. Cela apporte de la vie c'est chaleureux, on a envie de venir au collège" , raconte une jeune fille. 

Les murs bariolés et expressifs du collège Charles de Gaulle à Ploemeur
Les murs bariolés et expressifs du collège Charles de Gaulle à Ploemeur © J. Vincent-Seignet - France Télévisions

Quand on a un petit coup de mou rien ne vaut une balade dans les couloirs du collège, avec la couleur, la tonicité et toute l 'énergie qui se dégage des images

Jean-Yves Gauthé, enseignant

Habiter les murs par les traits

A chaque année un thème. Cette fois, le professeur a lancé tout le monde sur l'addiction au téléphone et il a fait  venir le peintre Speedy Graphito, figure du street art en France. 

L'artiste s'est emparé des lieux, pour créer une histoire commune avec les jeunes pendant deux jours. En recevant l'invitation de Jean-Yves, il s'est laissé surprendre. "Quand j'ai eu les photos du collège, j'ai halluciné. Je n'ai jamais vu un travail aussi conséquent, un tel investissement."  

Il explique : "L'art urbain fait partie de la vie de tout le monde. Tout le monde en redemande alors qu'au départ, c'était considéré comme une technique vandale. Le fait que cela fasse partie aujourd'hui de notre culture et qu'on sensibilise la jeune génération à cet art qui devient le leur, c'est important pour moi en tant qu'artiste. Je trouve cette rencontre importante"

Et d'ajouter. "Si dans ces élèves il y en a qui devient plus tard un grand artiste parce qu'il se rappellera qu'un jour je suis venu et ça l'a motivé, ça me rend heureux." 

Cela me plaît de faire de l'art, de découvrir de nouvelles techniques. Je n'avais jamais peint à la bombe avant

Un collégien

Les élèves s'avouent impressionnés. L'un d'eux lâche : "Il a fait en quelques minutes ce qui nous a pris à nous des mois. On voit qu'il de l'expérience."

Du côté du professeur, la notion de transmission ira au-delà de ces ateliers. "Les élèves font quelque chose en sachant que les futures générations d'élèves vont voir ce qu'ils ont réalisé." "Tant qu'il y aura des murs et qu'on me laissera les envahir, on continuera", rigole-t-il.

Le travail des élèves va pouvoir être vu par tous. Le collège ouvrira spécialement ses portes à l'occasion des journées du patrimoine le samedi 18 septembre après-midi. 

 

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