Le meurtrier de Melrand condamné à douze ans de prison pour le viol de sa fille

Frederic Catreveaux,  condamné pour le meutre d'un codétenu à Melrand, près de Pontivy dans le Morbihan, a été condamné à 12 ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique, pour les viols de sa fille, mineure, en 2011.

© FTV / Bruno Van Wassenhove

La cour criminelle de Loire-Atlantique s'est penchée sur le dossier de Frederic Catrevaux. L'homme avait déjà été condamné pour avoir tué, découpé puis tenté de brûlker un ex-codétenu dans la cheminée de sa maison à Mlrand, dans le Morbihan.

Il avait écopé pour ce premier crime, en septembre 2020, de trente ans de réclusion criminelle devant la cour d'Assise du Morbihan. Les faits remontaient à janvier 2017.

C'est cette fois pour des viols qui ont eu lieu en 2011, dans le quartier de Bellevue à Nantes, à la faveur d'une libération conditionnelle, que Frederic Catrevaux était jugé. L'adolescente, alors âgée de 15 ans, avait expliqué avoir été sodomisée par son père plusieurs nuits de suite.

Ce n'était pas la première fois que Frédéric Catrevaux était ainsi accusé : sa fille avait déjà dit à 11 ans avoir été victime de telles pratiques sexuelles quand elle avait 6 ans, mais la procédure avait été classée sans suites. 

L'enfant avait été "obligée" par son père, à l'époque, de dire qu'elle avait été violée par un de ses petits cousins.

Elle avait prélevé le sperme de son père dans ses excréments

Juste après ces derniers rapports sexuels, l'adolescente avait donc eu la présence d'esprit de prélever ses excréments : elle voulait "se constituer des preuves afin de démontrer qu'elle ne mentait pas", puisqu'elle "n'avait pas été crue la première fois". Le prélèvement avait alors été placé sous scellés par les enquêteurs.

Lors de son procès devant la cour criminelle de Loire-Atlantique, Frédéric Catrevaux a maintenu qu'il s'agissait d'un "coup monté" : il accusait la mère de l'adolescente d'avoir prélevé son sperme dans le gant de toilette où il avait éjaculé au terme après une fellation qu'elle lui avait faite la veille de son départ.

Aucune des deux plaignantes n'était présente à l'audience à Nantes ou ne s'est constituée partie civile : la mère de la victime s'est "rétractée" dans un courrier joint à la procédure. Mais l'avocat général, dont les réquisitions ont été suivies par les juges, n'avait pas accordé de crédit à ces écrits "assez peu courants" dans une procédure.

Selon lui, Frédéric Catrevaux aurait fait "pression" sur les intéressées depuis sa cellule de prison, au vu des "multiples" appels passés par cet homme "violent" grâce à la carte SIM introduite par sa grand-mère.

Un dossier "parfaitement imparfait" pour la défense

Le représentant du ministère public avait tenu compte, dans ses réquisitions, de "la vie on-ne-peut-plus chaotique" de l'accusé : son père était décédé "dans des conditions éminemment reprochables pour la police et la gendarmerie" après une pendaison en garde à vue, alors que Frédéric Catrevaux n'avait que quinze mois.

Sa mère n'étant "pas à la hauteur", ce "semi-voyageur" âgé aujourd'hui de 40 ans - décrit comme "impulsif" et "particulièrement égoïste" - avait été élevé par ses grands-parents avant de connaître une scolarité écourtée et de premières condamnations à l'âge de 13 ans.

Frédéric Catrevaux a d'ailleurs été "chassé" de la communauté des gens du voyage, où une "chape de plomb" règne sur de telles accusations. "S'il y a moins d'affaires d'inceste dans cette communauté, c'est parce qu'il y a moins de dénonciations : ils ont leurs propres règles, notamment en termes de silence", avait dit Laurent Griffon.

"J'ai l'impression de lutter contre des fantômes", avait regretté Me Pierre Huriet, l'avocat de la défense, à propos de l'absence de l'ex-compagne et de la fille de Frédéric Catrevaux. "On idéalise les plaignantes et on imagine le pire pour mon client - même si ce n'est pas très difficile, puisqu'il l'a déjà commis."

Il avait donc plaidé l'acquittement de son client en raison des "incohérences" et des "inexactitudes" de ce dossier "poisseux" et "parfaitement imparfait", qui a "trop traîné". Me Pierre Huriet avait aussi en avant le "désistement" des plaignantes et l'absence de constitutions de parties civiles.

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