Saint-Marcel : les vergers de la mémoire

A St Marcel, dans le Morbihan, les vergers Latapie vont fêter leur 70 ans. Ils avaient été plantés après guerre par une rescapée des camps de la mort, Suzanne, qui voulait redonner du sens à la vie. Ce sont ses fils qui tiennent aujourd’hui les vergers. Et entretiennent sa mémoire.  

Par Gilles Le Morvan

Dans les vergers Latapie de Saint-Marcel, la récolte des pommes bat son plein. Ici au hameau Ste Geneviève, les premiers pommiers ont été plantés en 1950 par une jeune femme rescapée des camps de la mort.

Suzanne Latapie avait été arrêtée par les allemands le 19 juin 44, au lendemain de ce qu'on appelle "la bataille de Saint-Marcel", l'une des plus terribles de la deuxième guerre mondiale en Bretagne.
 

Suzanne avait 26 ans, elle prêtait main forte aux résistants en faisant office d'infirmière. Après son arrestation, elle est d'abord transférée à la prison de Vannes puis déportée à Ravensbruck, un voyage au bout de l'enfer dont elle reviendra miraculeusement.

Après sa libération, la jeune femme commencera par devenir enseignante avant de rencontrer celui qui deviendra l'homme de sa vie, Pierre Latapie, et de revenir avec lui au pays pour y planter des vergers.  
 


Suzanne et Pierre Latapie étaient des précurseurs du bio. "Après avoir survécu à l'absurdité des camps, notre mère avait fait du vivant quelque chose de sacré, elle tenait absolument à respecter la terre, à ne pas polluer", expliquent ses fils qui ont repris l'exploitation  en prenant soin de respecter "l'héritage" 

Les vergers Latapie sont aujourd'hui labellisés Agriculture Biologique. Ils fêteront l'an prochain leur 70e anniversaire. 
  

 

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