Affaire Eric Gandon. Après un décès lors un stage de "jeûne", un appel à témoins en Bretagne

Un mois après la mise en examen d'Eric Gandon, la Police Judiciaire recherche de nouveaux témoins. L'homme se présentant comme naturopathe organisait des "cures hydriques" avec "jeûnes prolongés" moyennant "plusieurs centaines, voire milliers d'euros". Plusieurs décès étaient survenus. Les séjours étaient organisés en Vendée, en Touraine, mais aussi dans le Morbihan.

Eric Gandon avait été mis en examen le 12 janvier pour homicide involontaire, abus de faiblesse, mise en danger de la vie d'autrui et exercice illégal des professions de médecin et pharmacien. Et écroué.

Le Vendéen de 58 ans se présentait comme "naturopathe". Mais plusieurs décès étaient survenus à la suite de jeûnes prolongés qu'il organisait lors de "cures hydriques". Une femme de 44 ans avait notamment trouvé la mort le 12 août 2021, lors d'un stage organisé dans un château à Noyant-de-Touraine (Indre-et-Loire).

Les séjours qu’il proposait moyennant "plusieurs centaines, voire milliers d'euros" consistaient "à ne pas absorber d'aliments solides durant une à plusieurs semaines sans qu'aucun suivi médical ne soit assuré ni prévu", avait expliqué le procureur de la République de Tours.

Plusieurs victimes

Une information judiciaire avait rapidement été ouverte et permis d'identifier quatre autres victimes, dont deux décédées depuis.

Une plainte concerne un homme d'une soixantaine d'années, mort le 18 juillet 2020, un mois après avoir participé à un stage organisé en Vendée alors qu'il souffrait d'un cancer en phase terminale.

Une autre est liée au décès, le 15 mars 2022, d'une jeune femme ayant suivi des formations l'année précédente alors qu'elle souffrait d'un cancer du foie et était en rupture de traitement.

Deux autres plaintes émanent de participantes au stage organisé à l'été 2021.

Stage à Quiberon, la Police judiciaire recherche des témoins  

Aujourd’hui, la Police judiciaire recherche de nouveaux témoins, en Bretagne notamment.

Des stages avaient été organisés à Quiberon dans le Morbihan, La Tranche-sur-Mer en Vendée, et Noyant-de-Touraine en Indre et Loire, là où l'une des participantes est décédé en août 2021, indique la PJ.

"Des victimes ont déjà témoigné dans le cadre de cette affaire. Les enquêteurs souhaitent obtenir de nouveaux témoignages".

Des méthodes avalisées par aucune institution publique ou autorité médicale

Malgré les décès et les mesures administratives, Eric Gandon avait poursuivi l'organisation de stages de jeûne et la promotion de ses méthodes.

Des méthodes "qui n'apparaissaient reconnues ou avalisées par aucune institution publique ou autorité médicale", avait souligné le parquet de Tours. 

 

Son fils également mis en examen

Le fils d'Eric Gandon, âgé de 25 ans, qui participait à l'organisation des stages et à la promotion des méthodes de son père via une chaîne YouTube, a quant à lui été mis en examen des chefs d'exercice illégal des professions de médecin et pharmacien.

Il a été placé sous contrôle judicaire avec interdiction d'exercer toute activité en lien avec le jeûne et la naturopathie.

Tous les deux n'ont pas d'antécédents judiciaires, et contestent l'intégralité des faits qui leur sont reprochés, avait indiqué le parquet en janvier.

GLM avec AFP