Molac : “Paroles Citoyennes” fait escale dans le pays de Questembert

Le combi de Paroles Citoyennes à Molac / © France TV
Le combi de Paroles Citoyennes à Molac / © France TV

Molac est une commune qui tente de se reconnecter avec le monde. Enfin sortie de zone blanche, sa population heureuse de vivre dans ce petit havre de paix, regrette que les commerces disparaissent. Le bourg bouillonnant est un souvenir, que tous souhaitent retrouver. Rencontres.

Par Benoit Thibaut avec EC


Molac est une commune du Pays de Questembert, dans le Morbihan. Petit bourg dans les terres, avec un doux parfum de campagne à trente minutes de la mer. Molac c'est avant tout une qualité de vie pour les moins de 2000 habitants qui y composent sa population. 
 
 

Le combi de France 3 Bretagne à la rencontre de Molac


Avec la volonté "de retourner au contact des gens qui nous regardent et qui nous suivent", comme le souligne le rédacteur en chef Anthony Masteau, France 3 Bretagne a choisi ce camping-car pour sillonner la région à l'occasion des élections municipales.

Notre venue a suscité une certaine activité. L'accueil se veut chaleureux et les rencontres nombreuses. Une trentaine de personnes sont venues nous voir, pour parler de leur commune. Au fil des échanges se dessinent les forces de ce territoire ainsi que ses handicaps. Retraités, actifs, étudiants sont venus engager la conversation.
 

Tous sont attachés à ce petit coin de Bretagne, à ce cadre de vie. La campagne sans être isolé, la proximité de la mer et de la forêt composent un cadre nature de qualité. À cela s'ajoute les quelques commerces encore debout.

Je suis tombée amoureuse du village. Lydie Townsend

Lydie Townsend, a quitté les bords de mer breton pour "ce petit Eden". Molac, pour Lydie, c'est un coup de coeur. La tranquillité et le vivre ensemble ont nourri ce choix de s'y installer. Connaître son voisinage, créer du lien et participer à la vie commune, voici les idées phares de Lydie pour cet endroit qui l'a si bien accueillie.
 
"On a une poste, une mairie, des écoles, une médiathèque. Cet ensemble est un poumon pour la commune."
Lydie constate la chance de Molac lorsqu'il s'agit des services publics, contrairement à d'autres communes aux alentours. 

Nous sommes arrivés quelques jours après que le village sorte de zone blanche. Gérald Mattel

L'arrivée d'internet représente une chance pour Gérald et sa compagne. Ce couple de photographe vit au rythme de son métier, à la fois sur les routes pour les shootings, à la fois à domicile pour le traitement des photos. Sans internet, jamais leur activité professionnelle n'aurait pu être viable.

Pour ce couple d'une petite quarantaine d'années, ce village calme mais vivant offre tout le confort nécessaire. Les commerces sont nombreux à quelques minutes de voitures, ils ont accès à tout. Le sentiment d'isolement ? Ils ne le ressentent pas.

Ça reste un gros avantage d'être sorti de zone blanche pour ête connecté et ne pas être coupé du monde. Gérald Mattel

Le calme de leur maison est nécessaire dans leur profession. Avoir un lieu de travail apaisant afin de livrer aux clients leurs photos. Ces derniers peuvent venir de partout, Gérald les trouve par internet et par son carnet d'adresse. Le couple ne communique pas en indiquant leur lieu de résidence, mais plutôt sur leur disponibilité et leur capacité à aller partout. 

Une vie tranquille, peut-être trop. Jean-Yves Bousso

"Redynamiser le centre bourg", Jean-Yves Bousso qui a grandi et toujours vécu à Molac annonce tranquillement ce que beaucoup exposent. Molac a une population plutôt jeune, il y a des écoles et  plus de 200 enfants y sont scolarisés mais les infrastructures manquent. Par exemple, les féminines du club de Basket sont obligés d'aller faire leurs entraînements et matchs à l'extérieur. 
 

L'urgence n'est pourtant pas là. Il faudrait plutôt redynamiser le commerce. Jean-Yves Bousso se souvient d'une époque, "quand le bourg de Molac détenait sept ou huit cafés, trois restaurants et une boulangerie." Un constat partagé.

Aujourd'hui c'est très mort. André Rival

"On a besoin de commerces, c'est le coeur de Molac". André Rival, Molac, il connaît. Cet entrepreneur est à la tête de la foire-expo, l'activité commercial c'est son ADN. 

Lui aussi regrette la perte de vitesse de sa ville de coeur. Il garde en mémoire les mariages dans le bourg le week-end, les commerces ouverts et l'énergie d'un coeur de ville. Pour André rien n'est fini, mais il faut prendre des mesures pour aider à l'implantantion et la réouverture de petites entreprises.

Pour les transports, y'a plus rien. Anne-Marie Magnen

Anne-Marie Magnen fait partie de ceux qui ont connu Molac dynamique. Pour elle, le frein majeur reste la mobilité. Comme beaucoup de personnes âgées, Anne-Marie ne conduit plus. Médecin, supermarché, vie sociale, les raisons de se déplacer sont nombreuses. Questembert incarne la grande ville voisine, à 10 minutes en voiture. Mais sans véhicule, les choses se compliquent. Les cars se font rares, alors il faut compter sur l'entraide, et de temps en temps utiliser un taxi.
 

Lors de notre journée à la rencontre des habitants de Molac, un sentiment fort d'attachement à ce territoire s'est fait sentir. Le promeneur peut avoir l'impression d'une petite commune dont la vie s'est échappée mais à mieux y regarder celle-ci y est toujours bien ancrée. Pas de regrets mais plutôt l'envie de s'unir pour faire vivre le territoire. 
 

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