Le sabotier de Camors réussira-t-il à passer la main ?

A Camors dans le Morbihan, le dernier sabotier s’apprête à prendre sa retraite fin décembre. Et ne trouve pas de repreneur. Les banques n’ont pas suivi les candidats, se désole Claude Simon. "J’ai plein de clients, c’est un métier d’avenir, je ne comprends pas."

© F3 Bretagne

"Oui bonjour. Oui c’est moi. Non, toujours pas de repreneur. Je ne comprends pas ! Là pendant que vous me téléphonez, j’ai huit clients. Huit ! Je suis en train de les chausser. Je suis prêt à transmettre mon savoir-faire. Mais rien ne débouche".  

Joint au téléphone dans son magasin de Camors dans le Morbihan, le sabotier Claude Simon se désole. A 64 ans, celui qui va prendre sa retraite n’a trouvé aucun repreneur.

"On a bien eu des contacts, mais les banques ne suivent pas, raconte Sylvie, son épouse. Ces jours-ci, on reçoit encore plein de coups de fils. Mais y’a aussi des gens pas très sérieux, qui appellent, se renseignent, et puis ne donnent plus de nouvelles".   

 

Entreprise familiale

 

Claude Simon a repris l’entreprise familiale il y a 38 ans. "A l'origine, j’avais une formation de programmeur en tôlerie précision. Mon père ne voulait pas que je reprenne. Mais je ne regrette rien. C’est un métier formidable.". 

Le dernier sabotier de Camors. Reportage de 2019 ©France 3 Bretagne

 

Qui achète mes sabots ? Des jeunes, des vieux... tout le monde !

 

Claude Simon le martèle, le sabot a de l'avenir. "N’allez pas croire que le sabot, c’est fait pour les groupes folkloriques. Dans mon chiffre d’affaires, ces groupes là ne représentent quasi-rien. C'est vrai qu'on fournit aussi le Puy du Fou, mais c'est quoi ? 10% ?"

En fait, explique le sabotier, "il n'y a pas de profil type pour les clients. Je vois des anciens bien sûr, mais aussi beaucoup de jeunes. Y'en a plein qui ont un jardin, avec des poules. Et qui ont besoin d’un truc confortable pour marcher, hiver comme été. Et ici, c'est du sur mesure. Dans le sabot, y a plus de pointures que dans la chaussure. Je prends soin de mes clients, ça doit leur aller comme un gant."

 

La sciure terminera par fumer l'andouille et le poisson

 

Avant de couper court à la conversation pour s'occuper de ses clients, Claude Simon ajoute que sa petite entreprise est éco-responsable. Le bois, dit-il, vient de la forêt à côté, c'est du hêtre. Et même la sciure est recyclée, pour fumer du poisson, ou de l’andouille."

Et puis, il conclut en souriant :"Tenez, je vais vous passer un client, parce que j’ai du travail. Mes sabots, ce sont ceux qui les chaussent qui en parlent le mieux !" 

Au bout du fil, le client en question, 68 ans, indique qu’il vient aujourd’hui chercher sa 6e paire de sabot :"je change tous les 2 ou 3 ans. Les sabots c’est pour le jardin, marcher dans ma propriété. Et quand je ne suis pas en sabots, je mets des Weston. Chaussure de luxe..."

What else ?

 

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