Le patient d'un hôpital psychiatrique a disparu depuis 12 jours, la famille et les soignants très inquiets

Un morbihannais a fugué, il y a 12 jours, de l'hôpital psychiatrique où il était soigné. La famille de Gaëtan et les soignants de l'établissement de Saint-Avé s'alarment, car le patient est parti sans son traitement médicamenteux, sans téléphone, et sans moyens de paiement. Un hélicoptère de la gendarmerie devrait survoler la zone autour de l'hôpital ce vendredi 10 mai après-midi.

Pour retrouver son frère Gaëtan, Christopher multiplie les initiatives : après les messages sur Facebook où il republie régulièrement l'appel à témoin, il a organisé hier jeudi, avec des bénévoles, une fouille du vaste parc qui entoure l'Établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé, à côté de Vannes.

À lire. "Des accidents peuvent se produire". Après la fermeture d'une unité psychiatrique, l'inquiétude du maire de Saint-Brieuc

Son frère pleure en évoquant la situation de Gaëtan Charpentier, 34 ans, hospitalisé sans son consentement, à la demande de sa famille : il n'a pas ses médicaments. Or, selon Christopher, sans traitement, Gaëtan peut plonger dans de profondes séquences d'angoisses, sous l'effet de troubles psychiques, et il peut aussi subir des crises d'épilepsie. Or des médicaments, Gaëtan n'en a pas emportés dans sa fuite, le 28 avril 2024, peu après 16 h.

Parmi les caractéristiques du jeune homme, "il demande l'heure toutes les cinq minutes," selon son frère. Lorsqu'il est sous l'effet de son traitement médicamenteux, Gaëtan se déplace en ayant la tête qui penche à gauche, et il s'endort dès qu'il est assis.

Hospitalisation sans consentement

"Il ne représente pas de danger pour lui ni pour les autres, mais il n'est pas autonome", précise Thomas Roux, le directeur de l'établissement où Gaëtan était hospitalisé, en continu depuis un an, après y avoir séjourné à plusieurs reprises ces dernières années. Et de rappeler : "l'hospitalisation sans consentement implique une obligation de soins, mais pas un isolement, sauf si le patient présente un risque pour lui-même ou pour les autres." La loi protège la liberté des patients, au moins pour se déplacer dans l'établissement. Même dans le cas où le patient est connu, comme Gaëtan, pour fuguer régulièrement. Néanmoins, l'équipe soignante qui s'occupait de Gaëtan a confié au directeur qu'elle s'angoissait pour ce patient vulnérable.

"On est inquiet, Gaëtan est fragile psychologiquement. Pour nous, c'est une disparition inquiétante"

Thomas Roux

Directeur de l'Établissement public de santé mentale de Saint-Avé

 

Le frère et la mère de Gaëtan pointent un défaut de surveillance de la part de l'hôpital, suite au regroupement temporaire de deux unités psychiatriques. En octobre dernier, un incendie déclenché par l'un des patients avait poussé à transférer le service où Gaëtan était soigné, dans une aile désaffectée de l'hôpital. En avril 2024, ce service était de retour dans le bâtiment initial, mais en compagnie de patients plus autonomes et moins surveillés, comme nous l'a confirmé le directeur de l'établissement. Quelques jours plus tard, Gaëtan déjouait la surveillance des soignants au moment du goûter, et disparaissait.

Appel à témoins à tous les services d'urgences

D'après le frère de Gaëtan, les gendarmes de Saint-Avé, en charge des recherches, ont collecté les images de vidéosurveillance de Saint-Avé et à la gare de Vannes, "mais cela n'a sans doute rien donné", regrette-t-il. Un drone de la gendarmerie a été utilisé, et ce vendredi 10 mai après-midi, c'est un hélicoptère qui, selon Christopher, devrait survoler le bois à côté de Saint-Avé.

De son côté, la direction de l'hôpital a transmis un appel à témoins à l'Agence régionale de Santé, qui l'a diffusé, le 3 mai 2024, à tous les services d'urgences des hôpitaux de Bretagne, mais aussi dans les hôpitaux de Normandie et des pays de la Loire.