A Vannes, le père du djihadiste David Drugeon toujours sans nouvelles de son fils

David "Daoud" Drugeon était pour l'armée américaine "the french bomber", en Irak depuis 2010. Son père ne sait s'il est mort ou vivant suite à une attaque de drone en novembre 2014.

Patrice Drugeon ne comprend toujours pas ce qui a pu se passer dans la tête de son fils, converti à l'islam en 2010, et qui a fini par être enrôlé dans le groupe Khorassan. Pour le pentagone, il était "the french bomber", spécialiste des explosifs pour ce groupe qui planifiait des attentats en Europe.

L'armée américaine pense l'avoir tué lors d'une attaque de drone en novembre dernier. Mais sa mort n'est pas confirmée. La presse évoque le fait qu'il puisse avoir été blessé puis évacué dans un hôpital de Syrie. "Il y serait resté deux jours, et depuis plus de nouvelles" explique son père. 

Il était normal, comme d'habitude, souriant, aimable avec les gens

Patrice Drugeon pense aujourd'hui aux familles dont les enfants pourraient rejoindre le djihad. Ils sont 1400 en France à avoir, comme David, fait le voyage vers la Syrie ou l'Irak. Patrice, lui, avait revu son fils plusieurs fois depuis son premier voyage vers l'Egypte. "En ce moment, c'est internet le mal pour les jeunes qui s'isolent dans leur chambre ou avec des copains. C'est là qu'il faut être attentif aux changements de comportement" explique-t-il dans ce témoignage.

reportage : Manon Lecharpentier, Philippe Beaugey