Les municipales jouent un mauvais tour au RN

Les municipales vues par le dessinateur Loïc Schvartz / © Loïc Schvartz
Les municipales vues par le dessinateur Loïc Schvartz / © Loïc Schvartz

Il devait permettre l’implantation locale du Rassemblement National et servir de rampe de lancement pour les élections départementales et régionales. En Bretagne, ce premier tour des municipales marquent un recul  pour le mouvement de Marine Le Pen.

 

Par Robin Durand


L’Ouest reste bel et bien une terre de conquête pour le Rassemblement National. Bien avant le premier tour des élections, Gilles Pennelle le chef de file du mouvement en Bretagne affichait d’ailleurs des ambitions modestes. Gagner une ville bretonne non. Mais une entrée dans plusieurs conseils municipaux oui.

Au lendemain du premier tour, le constat est sans appel. Le RN aura certes des élus à Dinan, Fougères et Lanester où le mouvement de Marine le Pen atteint son meilleur score en Bretagne en rassemblant 14,6% des voix, mais dans le reste des villes et communes bretonnes, c’est la douche froide. La barre des 5 % est difficilement atteinte.
 

Un déficit de mobilisation


A Saint-Brieuc, Lorient et Vannes, le RN ne siègera plus au conseil municipal. A Rennes où la thème de la sécurité était pourtant omniprésent, Emeric Salmon divise le score de 2014 par deux. "Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir fait une mauvaise campagne. Sur le terrain , les retours étaient bons. Clairement, avec la menace du Coronavirus et ce climat anxiogène, notre électorat populaire habituel ne s’est pas déplacé", explique le candidat rennais.

De son côté , Philippe Miailhes, candidat RN engagé à Saint-Malo reconnaît: "Ici il y a eu  une sorte de  vote utile. Notamment en faveur du député sortant Gilles Lurton déjà bien implanté et connu. Moi je regrette surtout que le thème de l’insécurité n’ait pas été assez abordé lors de la campagne."


La double peine


Ce recul électoral n’arrange pas la stratégie de maillage territorial rêvée par le RN. L’objectif était d’obtenir de nombreux conseillers municipaux, vivier potentiel de futurs candidats pour les prochaines élections départementales et régionales. L'implantation locale va donc encore prendre du retard. "Les hommes et les femmes présents aux scrutins n’ont souvent pas d’implantation, de notoriété ni de réseaux. Un mandat permet d’amorcer tout cela. Or, c’est un des points faibles du RN" explique le politologue Thomas Frinault.

L’autre impact de ce premier tour mauvais sur le plan électoral est économique. De nombreux candidats n’atteignent pas la barre des 5% corrolaire au remboursement automatique des frais de campagne.Certains vont se retrouver dans une situation financière compliquée.

Le malouin Philippe Miailhes va puiser dans ses économies personnelles pour rembourser sa campagne . Le rennais Emeric Salmon reconnaît des jours à venir difficiles : "J’ai emprunté pour ma campagne 48 000 euros auprès des militants. J’ai une dette que je vais devoir honorer. Et je vais donc devoir solliciter ma banque pour un prêt sur mon nom." 

Vu la période d’austérité budgétaire que traverse le Rassemblement National, pas sûr que l’aide vienne du siège. De quoi peut être "doucher" la motivation de candidats à la candidature  pour de prochaines échéances.

D'ici là, Gilles Pennelle, le chef de file du RN en Bretagne, demande lui l'annulation du scrutin de mars dans toutes les communes où un maire n'a pu être élu dès le premier tour.
 

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