"Le Panier de la Mer", lauréat des 14è Trophées bretons du développement durable dans la catégorie "Alimentation"

La remise des Trophées bretons s'est déroulée ce mardi 22 septembre, à distance, pour cause d’épidémie de Covid. Lauréat dans la catégorie "Alimentation", Le Panier de la Mer est un réseau national qui récupère et transforme les produits de la mer invendus au profit des plus démunis.

Du poisson invendu est transformé par des ateliers d’insertion.
Du poisson invendu est transformé par des ateliers d’insertion. © Les paniers de la mer
Créé en 1997 au Guilvinec, "Le Panier de la Mer" est une association d’insertion qui s’est donnée pour mission de récupérer le poisson invendu sous criée, le transformer et le distribuer à d’autres associations caritatives. 

À l’origine de cette initiative, des représentants de trois d’entre elles, implantées localement : la Banque alimentaire, le Secours populaire et les Restos du Cœur. "Ils sont partis d’un double constat. D’un côté, les associations du Pays bigouden n’avaient pas de poisson à distribuer, ou très peu en frais, à leurs bénéficiaires. De l’autre, ils savaient que dans les criées, on en jetait. Ce qu’il fallait, c’était trouver une solution pour le récupérer et le mettre à disposition de leurs publics respectifs", raconte Jean-Marie Le Buan, directeur de la Fédération nationale des "Paniers de la Mer". 
 

Un réseau national

D’initiative locale, l’association est rapidement devenue nationale. De nouveaux Paniers de la Mer sont créés à Lorient, Boulogne, Saint-Malo puis Fécamp, regroupés depuis 2003 au sein d’une Fédération chargée de coordonner toutes les activités des différentes structures. À ce jour, l’association emploie 120 salariés sur l’ensemble de ses sites. Des personnes en chômage de longue durée ou en situation de précarité bénéficiant d’un contrat d’insertion pouvant aller de 6 mois à un an. 

"On les aide à construire un projet professionnel, donc ça peut être rapide. Moins de 6 mois, s’ils trouvent un travail ou une formation. La moyenne, c’est plutôt un an. Et leur passage chez nous ne débouche pas systématiquement sur un emploi dans le mareyage ou le secteur de l’agroalimentaire. L’objectif, c’est vraiment de réfléchir avec eux à leur avenir", atteste le directeur des Paniers de la Mer.

Plus de 250 tonnes de produits de la mer sont récupérées chaque année par "Les Paniers de la Mer" qui en 2019, après transformation, en redistribuaient 175 tonnes soit 1,2 millions de portions sur la base de 150g par portion. 
 

Deux grands projets à venir

Unique en France, et même en Europe, le réseau des paniers ne cesse de se développer et deux nouveaux grands projets pourraient dans les prochains mois voir le jour. Le premier touche au poisson dit de "report "

"Techniquement, c’est du poisson qui n’est pas vendu dans les criées tout de suite, mais que les opérateurs pensent pouvoir écouler plus tard. Pour cela, il va être surgelé et les coûts logistiques sont parfois plus élevés que le prix de la vente au final. Ils pourraient donc être intéressés pour nous en céder une partie, mais nous devons nous organiser. Le poisson congelé ça ne se travaille pas de la même façon que le poisson frais", dévoile Jean-Marie Le Buan.

Coût de l’opération : 200 000 €, financé à 80 % par l'Union Européenne. Un financement participatif a été lancé pour rassembler les 20 % restants. 

Le second projet lui concerne l'installation des Paniers de la Mer à Rungis pour être au plus près des grossistes. Une étude de faisabilité est en cours, menée par des étudiants de Sciences-Po Paris. "On souhaiterait accéder au pavillon de la mer de Rungis et au marché des grossistes. C’est un lieu où il y a du poisson qu’on ne trouve pas forcément à la criée, du poisson qui vient aussi de l’étranger et qui n’est pas toujours valorisé."
 
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