Pass vaccinal: pour ces antivaccins guingampais, "cela ne va rien changer"

Publié le Mis à jour le

Stéphane et Marie, salariés d'une maison de retraite à Guingamp, ont vu leur contrat de travail suspendu après avoir refusé de se faire vacciner. S'il a finalement accepté le vaccin pour continuer à travailler, Stéphane dénonce une ambiance pesante au travail.

Promulguée samedi 22 janvier, la "Loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique" fait entrer en vigueur le pass vaccinal dès lundi 24 janvier 2022. 

Stéphane est chef cuisinier depuis 24 ans dans un Ehpad à Guingamp, son épouse Marie est aide-soignante dans le même établissement. Tous deux ont refusé de se faire vacciner et ont vu leur contrat de travail suspendu en septembre dernier.

Ma famille et moi avons déjà plein de contraintes, alors le pass vaccinal ne va rien changer

Stéphane

chef cuisinier dans un Ehpad à Guingamp

Dans l'attente d'une décision du conseil des Prud'hommes en vue d'obtenir réparation concernant les salaires non-perçus, Stéphane s'est finalement résolu à se faire vacciner. Et a repris son poste le 1er novembre 2021. Marie, de son côté, n'a plus de revenu depuis trois mois, avec des conséquences notables sur le budget du foyer. 

Retour difficile au travail

Depuis qu'il a repris son poste, Stéphane se dit harcelé. "La directrice générale est passée en cuisine l'autre jour, elle a dit bonjour à tout le monde, sauf à moi."

"Si je mets une livraison de pommes de terre à la poubelle parce qu'elles sont abimées, on m'accuse de vol. J'ai demandé au fournisseur de légumes un papier confirmant que les pommes de terre étaient anciennes."  Et de conclure: "le but est de me virer".  

"Prêt à encaisser"

Stéphane se dit "prêt à encaisser" l'ambiance qu'il dénonce au travail.  Le nouveau pass vaccinal ne changera rien pour sa famille, assure-t-il. Sa femme ne reviendra pas sur sa décision de refuser le vaccin, pour elle et pour ses enfants. Même si l'absence de pass a, par exemple, empêché son fils collégien de partir en voyage scolaire en Allemagne. Le couple envisage de déscolariser ses enfants. Et d'ouvrir un gîte, sans pass exigé, "une zone libre" selon l'expression de Marie et Stéphane.