Pour l’association "Patrimoine commun", le droit, c’est un jeu d’enfants

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Écrit par Séverine Breton .

Le 20 novembre est la journée internationale des Droits de l’enfant. Mais trop souvent, les petits et les grands ignorent qu’ils ont des droits. Alors depuis 2018, l’association "Patrimoine commun" s’invite dans les écoles, les collèges et les lycées pour leur parler de la justice.

C’est l’histoire de Hugo et de son amie Julie. Ils se connaissent depuis la maternelle et sont inséparables, un jour, Hugo fait une photo de Julie et la publie sur son réseau social… et évidemment cela tourne mal. 

Avec la vidéo et les dessins de ses petits personnages, Pierre Cornou, juriste et co –fondateur de "Patrimoine commun" explique en quelques minutes les notions importantes du droit à l’image aux enfants. 

Il y a quelques années, Pierre Cornou est intervenu dans un lycée en tant qu’avocat. A la fin de la séance avec les élèves, il s’est dit que c’était beaucoup trop court, qu’il fallait s’inviter plus régulièrement dans les écoles, les collèges et les lycées pour expliquer le droit aux enfants. 

"Patrimoine commun" est né ainsi en 2018. "Les enfants connaissent les règles, ils en ont plein à l’école, à la maison. Mais ils les voient souvent comme des contraintes, alors que le droit est là pour les aider et les protéger. Grâce à ses règles, le droit nous permet d’être tous égaux. "

L’école du droit 



"Mais pourquoi j’irai au tribunal, j’ai rien fait ?" a un jour demandé un petit garçon. "Les enfants connaissent le droit pénal, celui qu’on voit dans les feuilletons à la télé, celui du tribunal qui envoie les méchants en prison, explique Farah Nour, la co-présidente de l’association. 

Mais en se rendant dans les classes, les membres de patrimoine commun permettent aux enfants de découvrir que le droit est partout. 

"Quand ils vont acheter des bonbons, ils passent un contrat avec la dame de la Boulangerie, c’est du droit. Quand ils montent dans le bus, qu’ils vont au cinéma, c’est aussi des contrats et donc du droit ! Nous faisons tous du droit tous les jours, tout le temps." Un peu comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! 

"Le droit, c’est mon copain !"



L’association organise des ateliers. Sous forme de jeux, de dessins, de questions, les intervenants évoquent les droits des enfants. "Ils ont le  droit d’être soigné, celui d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée, d’aller à l’école, le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation et même celui de jouer." 

"C’est important qu’ils connaissent leurs droits. De savoir qu’ils en ont, cela les rend plus forts, constatent Pierre et Farah, et ils pourront se défendre.

"Quand nous rencontrons des lycéens qui vont faire des stages en entreprise, nous leur expliquons que quand on est stagiaire, on a aussi des droits. L’éducation et le droit sont les meilleures des armes. "

"En fait, le droit, c’est mon copain, il est de mon côté" a conclu une élève après un atelier. 

Des avocats et des juristes dans les classes

Au cours des séances, les bénévoles de l’association évoquent les questions de harcèlement, de droit à l’image, de liberté d’expression. "C’est leur quotidien, c’est important de connaitre ses droits et leurs limites, poursuit Farah. On leur demande d’être de bons citoyens sans leur avoir expliqué ce qu’est un bon citoyen. "

Patrimoine commun fait donc intervenir des avocats, des juristes, des étudiants en droit. Et ces ateliers avec des enfants ou des jeunes font du bien à tout le monde. "Dans le droit, on a souvent tendance à tout compliquer. Tout est à la virgule près. Là, au contraire, la consigne c’et de faire simple, d’oublier les tics de langage, les "gros mots compliqués". Le but c’est que tous les citoyens puissent comprendre le droit. La justice est rendue en leur nom. "

Pierre et Farah sont convaincus que le droit devrait être enseigné à l’école, dès le primaire, comme les maths, le français ou l’histoire. "La compréhension du droit est importante pour apprendre à vivre ensemble et à devenir citoyen", plaident-ils ensemble. 

Des permanences juridiques 

Parfois, à la fin d’un atelier, un enfant vient les voir pour leur poser une question sur ce qu’il vit, dans la classe ou à la maison. Les deux juristes aimeraient qu’il puisse y avoir des permanences juridiques dans les établissements scolaires. Sur le modèle des infirmeries. Une présence régulière vers qui se tourner en cas de besoin. "Parce que les enfants ne peuvent pas forcément en parler à la maison si c’est un problème familial ou à l’école, si c’est un souci dans la classe. Comme les infirmiers, les juristes peuvent soigner des maux et apporter des réponses.

Aijedroit.com

Pour répondre au mieux aux questions des jeunes, Patrimoine commun a donné naissance à un site internet. Aijedroit.com. 

Sur ses pages, les écoliers ou les élèves plus grands peuvent découvrir les professions du droit, les grands principes, jouer à des quizz et poser des questions. 

Les juristes y répondent évidemment le plus clairement et le plus simplement possible. 

"Il ne faut plus que les gens aient peur du droit, souhaitent Pierre et Farah. Et pour conclure, ils citent la petite Maria, 12 ans, qui s’est exclamée à la fin d’un atelier : "La droit est partout en fait, et moi, j’ai des droits, c’est trop bien !"

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