Pressée par l’Europe, la France lance un plan pour mieux protéger les dauphins

Sous la pression de l’Europe, la France resserre la visse sur la protection des cétacés dans le golfe de Gascogne. La ministre de la Mer a présenté son plan pour éviter les prises accessoires de dauphins et de marsouins par les navires de pêche.

© MAXPPP / Thierry Creux

En juillet 2020, la Commission européenne avait mis la France en demeure de prendre des mesures pour éviter les prises accessoires d'espèces de dauphins et de marsouins par les navires de pêche. C’est a priori chose faite. La ministre de la Mer, Annick Girardin, est allée à la rencontre des comités de pêche des régions Bretagne, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine. Il ressort de ces échanges un plan pour limiter les captures accidentelles et les échouages de cétacés. Il faut savoir que des centaines de petits cétacés s'échouent chaque année sur le littoral français.

Parmi les nouvelles mesures, des caméras à bord

Dans le plan de protection présenté ce mardi 9 février, la première mesure concerne les caméras qui vont être embarquées à bord des fileyeurs. Sur une flotte qui compte 500 navires, l'objectif est de convaincre, d'ici l'été, 20 navires à s'équiper volontairement pour "mieux comprendre les interactions entre les engins, les lieux et les prises accidentelles", explique le ministère de la mer.

Un budget de 1,5 million d'euros est affecté à cette mesure. Cinq navires volontaires sont déjà équipés d’une caméra de ce type.

Pingers et survol du Golfe

Parmi les autres engagements, certains sont déjà appliqués. Les 87 chalutiers de la zone doivent depuis le 1er janvier être équipés de "pingers", dispositifs acoustiques pour éloigner les cétacés.

Une campagne de survol du Golfe de Gascogne a commencé le 11 janvier, pour trois mois, pour "estimer l'abondance et l'aire de répartition des dauphins pendant la période hivernale", a-t-on indiqué au ministère. Le dernier datait de 2011 (budget : 500 000 euros).

Durant cet hiver, les pêcheurs seront également accompagnés par des observateurs plus nombreux, formés par le ministère de la mer. Jusqu'en avril 2021, 40 observateurs, soit 32 de plus que l'année dernière, embarqueront sur les chalutiers et les fileyeurs, pour un budget de 1,1 million d'euros.

Déclarer les captures accidentelles

La déclaration des captures accidentelles par les pêcheurs, obligatoire depuis janvier 2020, a elle eu du mal à se mettre en place, selon le ministère. Durant l'hiver 2019-2020, seulement une cinquantaine de captures a été déclarée. Au 1er décembre 2020, on en était déjà à 31 captures déclarées.

8 000 à 10 000 dauphins tués chaque année

Pour l'instant, entre le 1er décembre et le 31 janvier, 330 échouages de petits cétacés ont été comptabilisés.
Pendant l'hiver 2018-2019, 1 067 petits cétacés s'étaient échoués dont 822 dauphins communs, et pendant l'hiver 2019-2020, 1 200 échouages avaient été relevés.
Mais les spécialistes estiment que le nombre de dauphins tués est beaucoup plus élevé, de l'ordre de 8 000 à 10 000 par an, de nombreux cadavres coulant en mer.
Une situation vigoureusement dénoncée par l'ONG Sea Sheperd.

 

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