Regain de violence dans les bureaux de La Poste et de la CPAM

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Écrit par Benoit Levaillant
La grève des facteurs du Nebbiu en Haute-Corse devrait toucher à sa fin après une semaine de conflit social entre la direction et le personnel gréviste.
La grève des facteurs du Nebbiu en Haute-Corse devrait toucher à sa fin après une semaine de conflit social entre la direction et le personnel gréviste. © ERIC PIERMONT / AFP

Plusieurs agressions ont eu lieu récemment dans des services de Poste et de la CPAM, à Rennes et Brest. Signes d’une agressivité en hausse face à un service public parfois déroutant.

Un agent d’accueil insulté et menacé à la CPAM de Brest en août 2021. Puis, au même endroit, un agent posté à l’entrée du bâtiment frappé par un individu alcoolisé et particulièrement agressif.  Dans la même période, des guichetiers de la poste ont été pris à partis par des clients malveillants, à Brest en octobre 2021 puis ce vendredi 26 novembre à Rennes.

Le soutien des directions

La recrudescence de faits de violences sur le personnel des services publics interroge. Du côté des instituions, on apporte son soutien aux agents agressés.

"On veut alerter sur le côté inacceptable de ces agressions, insiste Loïc Guillou, responsable de la communication de la CPAM du Finistère. Nos collaborateurs sont là pour aider les gens. Pendant toute la crise sanitaire, on a fait en sorte de rester ouverts, pour eux. Mais nous sommes en première ligne, comme tous les services publics".
Idem à La Poste. Le bureau de Saint-Martin (Brest) a été fermé durant une semaine, il a rouvert ce lundi 29 novembre. Un vigile a été mis en place pour un mois. Les agents menacés ont porté plainte et sont toujours en arrêt de travail.

Mais les conditions de travail, anxiogènes, remises en cause par les syndicats   Une agression a également eu lieu au bureau de poste de Rennes Saint-Cyr ce vendredi 26 novembre, où un guichetier a été étranglé.
Mais pour Arnaud Bordier, secrétaire départemental SUD-PTT 35, qui condamne ces actes de violence, le problème vient surtout de l’organisation du travail. "On nous demande de diriger les gens vers des automates ou alors de leur poser une batterie de questions, leur demander deux pièces d’identité, etc…ce qui est insupportable. Ce sont souvent des gens modestes, avec de petits comptes courants. On ne demanderait pas ça aux millionnaires qui font des transactions de capitaux sans problème".

Des services publics de moins en moins accessibles

Tout est fait pour dissuader les gens de venir au bureau de Poste. Au final, le client s’agace et le guichetier devient un coupable idéal.

On fait peser beaucoup trop de responsabilité sur le personnel de la Poste. Nous devons désamorcer en permanence des situations qui peuvent vite  devenir conflictuelles

Arnaud Bordier, secrétaire départemental SUD-PTT 35

Arnaud Bordier de parler aussi de la situation en milieu rural, ou parfois les bureaux n’ouvrent que deux heures par jour. Une situation qui contribue à "énerver" les usagers.

A force de devenir de moins en moins accessibles physiquement, les services publics sont de moins en moins populaires. Outre la CPAM ou La Poste, les agents des hôpitaux ou de Pôle emploi peuvent en témoigner. 

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