Les résidences secondaires sur le littoral breton, dans le collimateur du collectif Dispac'h

Avant l'appel au boycott du film "Bécassine", le collectif breton Dispac'h (révolte) avait lancé une campagne de collages pour dénoncer la "spéculation immobilière liée au développement des résidences secondaires" sur le littoral de la région. 
La campagne de collage d'affiches contre les résidences secondaires du collectif Dispac'h
La campagne de collage d'affiches contre les résidences secondaires du collectif Dispac'h © Dispac'h
Leurs affiches blanches et rouges fleurissent depuis le mois de mars, sur les résidences secondaires du littoral breton. Du côté de Saint-Malo (35), de Carantec (29) ou encore de Guérande (44). "Bretagne résidence secondaire: villages en ruines, jeunesse en exil!", lit-on sur ces affichettes représentant des maisons aux volets fermés. Ces messages ont été collés par des militants du collectif Dispac'h, sur ces maisons supposées inoccupées. La lutte contre le développement des résidences secondaires, accusées de faire grimper les prix du foncier et des loyers, est d'ailleurs à l'origine de la création en mars de ce collectif composé principalement de jeunes, qui se définit "indépendantiste,  anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste". Un collectif qui s'est fait remarqué il y a quelques semaines, avec un appel au boycott du film "Bécassine" de Bruno Podalydès.

"La situation est ubuesque car le "tout tourisme" sur le littoral breton crée des emplois saisonniers précaires mais on n'arrive même pas à loger les jeunes et travailleurs à faibles revenus qui viennent en saison faute de logements à prix abordable", dénonce Ewan Thébaud, porte-parole de Dispac'h. 
 
Les affiches de Dispac'h dans le secteur de Saint-Malo (35)
Les affiches de Dispac'h dans le secteur de Saint-Malo (35) © Dispac'h
 

Dénoncer des proportions de 40 à 80% de résidences secondaires sur le littoral

Une première vague de collages a eu lieu les 17 et 18 mars à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)"sur le site du projet d'un hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer", dans le pays de Guérande (Loire-Atlantique) "où la spéculation empêche particulièrement les jeunes paludiers de s'installer dans de bonnes conditions", ou encore à Carantec (Finistère), "où les résidences secondaires représentent presque 40% des habitations comme partout sur le littoral breton""Ce qu'on veut, c'est interpeller les élus locaux sur le fait qu'il n'y a pas d'outil pour réguler cette inflation des résidences secondaires", indique Ewan Thébaud, qui pointe une proportion de résidences secondaires pouvant atteindre "80% dans certains endroits comme à Mesquer (Loire-Atlantique)". Mais aussi en Cornouaille à Fouesnant et Bénodet, ou dans les Côtes-d’Armor à Plouha, "villes qui voient aussi leur jeunesse s’exiler vers les campagnes !"
 
Les affiches de Dispac'h dans le secteur de Carantec (29)
Les affiches de Dispac'h dans le secteur de Carantec (29) © Dispac'h
 

"Des villages vidés de leur vie plus de la moitié de l'année"

Le collectif dénonce également la dépendance des territoires côtiers bretons à l'économie touristique, avec des "villages vidés de leur vie plus de la moitié de l'année", qui "voient fuir les services publics et disparaître les dynamiques et initiatives locales". Il considère aussi l'industrie touristique comme "destructrice de l'environnement" et "non-durable", "nécessitant la construction d'équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage de nos côtes".
 

Emmanuel Macron prône de réformer "avec bon sens" la loi littoral   

En Bretagne la semaine dernière, Emmanuel Macron avait appelé à réformer "avec bon sens" la loi littoral. Face aux protestations grandissantes, les députés ont lâché du lest début juin sur des dérogations à la loi littoral initialement votées en commission, en faisant machine arrière ou en apportant des garanties.
 
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