Sardines frétillantes et cabillauds effondrés, le bilan des pêches mitigé de l'Ifremer

60 % des poissons débarqués en France métropolitaine sont issus d'une pêche durable, contre 15% il y a 20 ans. Une tendance positive, révélée par le bilan annuel de l'Ifremer, qui reste insuffisante. Certaines espèces sont encore sur-pêchées, voire effondrées.

Arrivée d'un bateau de pêche au port de St-Guénolé-Penmarc'h
Arrivée d'un bateau de pêche au port de St-Guénolé-Penmarc'h © Claire Louet/France Télévisions

Dans le golfe de Gascogne et en mer celtique, lottes, merlus, cardines et sardines se portent très bien. Des espèces, dont les stocks ont pu se reconstituer grâce aux mesures de gestion de la ressource destinées à éviter la sur-pêche.

Dans leur bilan annuel effectué à partir des débarquements de 2019, les scientifiques de l'Ifremer, l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, constatent que 60% de la pêche débarquée en France métropolitaine provient de stocks exploités durablement.

© Ifremer/Jérémy Barrault

Parmi ces 60%, 47% des poissons débarqués dans les ports français sont considérés comme issus de stocks "en bon état" et 13% de stocks "reconstituables" et donc non surpêchés mais dont la population ne se trouve pas encore "dans des conditions qui permettront de retrouver le bon état dans un avenir assez proche", précise Alain Biseau, biologiste des pêches à l'Ifremer.

Un bilan satisfaisant aux yeux des pêcheurs : "C'est des contraintes très importantes pour eux mais pour certaines espèces on voit que ça paie(...) Maintenant les efforts on doit continuer à les faire, mais en ayant un retour aussi" déclare le président du comité des pêches de Bretagne Olivier Le Nézet

Des espèces encore menacées

« Entre 2003 et 2018, les quantités totales de poissons ont augmenté de 43%. Il y a eu vraiment une prise de conscience, des mesures de gestion qui font que les populations se sont largement améliorées. Pour autant, la situation n'est pas satisfaisante pour toutes les espèces » précise Alain Biseau.

La sole, un peu sur-pêchée en 2019, ne suscite pas d'inquiétude forte mais est à surveiller. Le bar, classé dans la catégorie en reconstitution, a bénéficié "d'une gestion exemplaire" de la part des pêcheurs  selon Alain Briseau, gestion exemplaire qu'il faut maintenir.

Mais le bilan révèle aussi des espèces encore en danger : le merlan et l'églefin, toujours sur-pêchés en mer celtique, et le cabillaud dont la population est considérée comme effondrée. "Les choses vont dans le bon sens malgré tout, même si ça n'avance pas aussi vite que ce qu'on aurait voulu", conclut le biologiste de l'Ifremer.

© Ifremer/Jérémy Barrault

L'objectif fixé par l'Union Européenne d'atteindre 100% de stocks au RMD (rendement maximum durable, ou volume de capture qui peut être prélevé sur un stock donné tout en maintenant la taille du stock) en 2020 est effectivement loin d'être atteint.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
pêche économie environnement