Sécurité routière : le Finistère teste l'éthylotest anti-démarrage pour récupérer son permis retiré

Un conducteur souffle dans un éthylotest antidémarrage / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Un conducteur souffle dans un éthylotest antidémarrage / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Pour lutter contre l'alcoolémie au volant, ce dispositif branché sur le circuit d'alimentation du véhicule et dans lequel le conducteur doit souffler pour pouvoir démarrer va être étendu au 1er janvier 2019 après avoir été testé depuis le 1er décembre 2017 dans le Finistère.  

 

Par Jérémy Armand


L'éthylotest anti-démarrage (EAD) empêche le démarrage d’une voiture si le taux d’alcool du conducteur est positif ou si le démarrage n’a pas eu lieu dans les 2 minutes suivant le résultat de ce premier souffle. Lorsque le moteur a démarré, le dispositif demande de façon aléatoire un nouveau souffle, qui doit également être réalisé à l’arrêt.

Depuis le 1er décembre 2017, les commissions médicales du Finistère ont proposé l'EAD à 20 conducteurs qui ont vu leur permis suspendu ou annulé. 14 ont accepté, et 4 ont apporté la preuve qu'ils avaient effectivement fait installer le dispositif dans leur véhicule, d'après les chiffres que nous ont communiqués la préfecture.

Lorsque un automobiliste accepte cette installation , il se voit restituer un permis de conduire d’une durée temporaire avec une mention spécifique indiquant l’obligation d’EAD, pour informer les forces de l'ordre en cas de contrôle routier. 

 

Une installation à la charge de l'automobiliste


Les automobilistes qui acceptent ce dispositif doivent le payer eux-même. Le coût d'installation du dispositif par un installateur agréé est d'environ 1 000 €, avec également possibilité de le louer (un loyer de l'ordre de 100 € par mois). L'automobiliste consentant doit également s'engager à s'inscrire dans un suivi médical auprès d'un centre de lutte contre les addictions.
 

Un dispositif de réinsertion sociale étendu l'an prochain


L'EAD permet d'éviter la désocialisation et les difficultés pour trouver un emploi suite à une suspension de permis. L'objectif est également de "responsabiliser les usagers en leur faisant prendre conscience de la nécessité de modifier leur comportement vis-à-vis de l'alcool" explique la préfecture du Finistère.

En 2017, 1 035 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route impliquant un conducteur au-dessus des seuils autorisés d’alcoolémie en France.

La mesure actuellement testée dans le Finistère (mais aussi dans le Nord, la Marne et la Drôme) va être étendue à l'ensemble du territoire au 1er janvier 2019. Une mesure complémentaire va également être appliquée au 1er janvier 2019 : l'EAD va être proposé dès la suspension de permis (donc immédiatement après l'infraction, et pas seulement lors de la restitution du permis), pour une durée pouvant aller jusqu'à 6 mois, pour les personnes dont le permis a été retiré en raison d'une alcoolémie supérieure à 0,8 g /litre et inférieure à 1,8 g /litre.
 

 

 

Sur le même sujet

Les + Lus