SNSM : pour sa campagne d’hiver d’appel aux dons, les Sauveteurs en Mer s'associent au site Leboncoin

Voilà une campagne originale. En ces temps de Covid comment garder le contact avec les donateurs quand tous les évènements publiques sont annulés?
Les équipages appareillent en moins de 20 minutes sur ordre du CROSS, toute l’année, jour et nuit, par tous les temps, pour secourir les personnes en détresse
Les équipages appareillent en moins de 20 minutes sur ordre du CROSS, toute l’année, jour et nuit, par tous les temps, pour secourir les personnes en détresse © SNSM Le Conquet - Mickael Belliot/ DR

À partir du mardi 8 décembre, on pourra acheter sur le site leboncoin.fr, une quarantaine d'objets ayant appartenu à l'une des 214 stations de la SNSM réparties sur le littoral français. Une campagne d'appel à la générosité du public, inédite pour cause de crise sanitaire.


Des objets qui ont sauvé des vies

Ce que va mettre en ligne la SNSM ce sont des matériels chargés d’histoires. Ils racontent leur participation à des interventions en mer parfois périlleuses. Jumelles, compas, vieille radio VHF ou encore bouées de sauvetage sont autant d’occasions de raconter l’aventure extraordinaire d’une vie sauvée. 
L’objectif pour la SNSM est double: d'abord rappeler que les équipements et matériels représentent un coût important pour l’association et souligner qu’ils sont indispensables au bon déploiement d’une mission de sauvetage.
Pour ces mêmes raisons la SNSM a donc décidé de vendre une quarantaine d'objets "de collection" d'abord parce qu'ils sont de véritables objets de travail utiles en mer au quotidien et ensuite parce qu'ils témoignent de véritables histoires humaines, belles ou tragiques, de marins en perdition, de bateaux en dérive ou brisés, de mers brumeuses ou démontées.
Quel est le vrai prix d'un objet qui a sauvé une vie ?
Quel est le vrai prix d'un objet qui a sauvé une vie ? © SNSM / DR

 

La SNSM : un modèle associatif et bénévole

En interpellant de cette façon le grand public, les sauveteurs montrent l’importance du don des particuliers pour une organisation unique qui repose sur le bénévolat. Un modèle associatif qui réunit des sauveteurs qualifiés et engagés pour secourir 24H/24 toute personne en danger non seulement en mer mais aussi sur le littoral et les plages. En complément du sauvetage en mer, la SNSM forme, équipe et affecte chaque année près de 1 500 nageurs sauveteurs qui arment 35% des postes de secours sur les plages, sous la responsabilité des maires des communes du littoral.

Grâce à l’achat d’un ancien matériel, le donateur s’offre le récit de Jean-Pierre -un plaisancier pris dans les courants-, ou celui de cette famille dont le bateau s’est retourné à quelques milles des côtes. Autant de péripéties vécues et racontées pour sensibiliser le grand public aux dangers de la mer, au sauvetage et à son financement qui repose à 80 % sur la générosité du public
Ces bottes de la SNSM ont une histoire de sauvetage
Ces bottes de la SNSM ont une histoire de sauvetage © SNSM / DR


À Erquy aussi la SNSM fonctionne grâce aux dons

En Bretagne, les 51 stations de la SNSM sont elles aussi financées par les donnateurs.
 
Ce jour de décembre est un jour de manœuvre pour l'équipage de Erquy : les sauveteurs-nageurs de la station vont devoir se jeter à l'eau…
Gwen Menoret, leur formateur  explique : « C'est aussi un exercice qui permet la qualification du sauveteur-nageur de bord qui doit être en capacité de traîner une remorque sur 100 m » La remorque c’est un solide filin de grande longueur avec un pare-battage qui flotte à l’extrémité pour assurer une prise au nageur.
Le scénario est simple… un semi-rigide est en panne près des rochers… le clapot et le courant ajoute à la difficulté de l'intervention.
Gwen Menoret : « Vous faites attention à la remorque par rapport aux hélices et on va vers le requérant. Une fois sur place on transmet et on voit comment on dégage »
Le nageur-sauveteur doit rejoindre à la nage le requérant en tirant la remorque sur la distance qui le sépare de l’embarcation qui est en panne de moteur et dérive vers des rochers.
La manœuvre est rondement menée avant de revenir vers le port. Tous ont été formé par la SNSM qui pour poursuit ses missions en faisant appel aux dons. Mais Alain Juanola, le patron de la vedette SNSM, constate qu’avec la crise sanitaire c’est plus compliqué : « Pour collecter des fonds, d’habitude on organise des kermesses. Mais il n’y en a pas eu cette année, avec le Covid… »
À la barre de la vedette il ajoute : « C'est une association de bénévoles, déjà on fait ce qu’on peut avec les moyens que l'on a ». Ce qu’il veut dire c’est que même si les sauveteurs sont bénévoles, il faut de l’argent  pour assurer la bonne marche d'une station, il faut savoir calculer au plus juste.
C’est ce que confirme Bernard Gorin, ancien trésorier de la Station SNSM d'Erquy en arrivant au quai: « Sur Erquy notre budget c’est entre 25 et 30.000 euros par an : entre l’entretien de la vedette, l’achat d’équipements pour les équipiers, la formation, le gas-oil.. »

Un budget sur lequel il convient de provisionner le remplacement des bateaux ou les gros travaux d'entretien comme ceux qui s'annoncent au printemps. Ce que détaille Jean Rouxel, président de la Station SNSM d'Erquy: « Ca va être principalement les moteurs qui vont être à refaire ensuite le réaménagement de la timonerie, changer l’informatique, aménager une plage arrière pour la récupération en sécurité des canotiers et des nageurs-sauveteurs quand ils sont à l’eau… Tout ça aura un coût d’environ 300.000 euros ».

Un quart de cette somme restera à la charge de la station elle-même, la SNSM, la région et le département se partageant la différence.

Autant dire que les dons sont les bienvenus.




 
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