Une famille d'accueil, un nouveau départ pour des jeunes après des déboires avec la justice

La justice cherche des familles d’accueil pour des jeunes ayant commis des infractions. Depuis plusieurs années, la protection judiciaire de la jeunesse développe ce mode de placement. Une alternative au maintien dans la famille ou au placement en foyer.

© Jean-Marc LOOS-L'ALSACE/MAXPPP

Alain habite dans le Finistère et est à la retraite depuis novembre 2019. Depuis peu, il accueille Louis, mineur, en apprentissage. Louis n’a pas démarré la vie du bon pied, il a été condamné par la justice et éloigné de sa famille.  "Je ne veux plus y repenser, affirme le jeune Louis. Alain, c’est mon papy de substitution."

Un coup de coeur réciproque

Louis ne voit plus ses grands-parents, en veut à ses parents, surtout son père dit-il. "Il n’a pas joué son rôle de père". Louis avait déjà connu d’autres familles d’accueil. Alain de son côté avait déjà reçu d’autres jeunes placés par la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse). Mais le coup de cœur n’était pas au rendez-vous. Cette fois, les deux compères se sont trouvés. Alain et Louis se sont attachés l’un à l’autre rapidement, soudés autour de mêmes centres d’intérêts.

Le placement en famille : une alternative que la justice souhaite développer

Le placement en famille d’accueil pour les mineurs ayant commis des infractions est une prise en charge, que la justice souhaite développer. Elle ne représente pour l’instant que 15% des placements de mineurs. La grande majorité des placements étant réalisée en foyer (77%). Les 8% restants vivant, eux, dans des logements autonomes avec un suivi d’éducateurs.

Aujourd’hui, Louis accorde beaucoup d’importance au regard qu’Alain porte sur son parcours scolaire. 

Alain est à fond derrière moi. Je ne veux pas le décevoir en ayant des mauvaises notes.

Louis

Alain connaît les faits pour lesquels Louis a été condamné, mais assure en faire abstraction : "Je veux lui donner les armes pour devenir autonome et qu’il réussisse dans la vie."

Comment devenir famille d'accueil pour la PJJ

Pour de venir famille d’accueil, les premières démarches sont à réaliser sur le site du ministère de la Justice. Célibataires, couples, avec ou sans enfants, tous les profils sont les bienvenus. Il est nécessaire cependant d’avoir un casier judiciaire vierge et une chambre disponible pour l’adolescent.

Une fois l’agréement délivré par les services de l’Etat, les familles sont épaulées par les équipes de la PJJ disponibles 24h/24. L’accueil des jeunes peut se faire à la semaine, le week-end ou uniquement pendant les vacances scolaires.

Une rémunération et un défraiement sont alloués aux familles hôtes. Dans le Finistère dix familles accueillent actuellement des mineurs sous protection judiciaire. Il en faudrait vingt de plus.

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