Vacances d'été en famille : la ruée vers l'Ouest

Breton des villes cherche maison de bord de mer, avec jardin en Bretagne. Voilà qui résume la tendance qui se dessine à la veille de ces drôles de grandes vacances. Une demande forte des familles sur le littoral breton pour des vacances post-Covid-19 sereines.

Pointe de Trévignon - Finistère
Pointe de Trévignon - Finistère © Marie-Hélène Stinnes

Nous avons plus de difficulté à louer les appartements même en bord de mer et plus encore en ville comme sur Vannes. De toute évidence, les gens recherchent de l’espace.

Nathalie Guiguen, gérante agences de locations touristiques

Gérante de trois agences « Air et Mer vacances » en Bretagne Sud, Nathalie Guiguen propose maisons et appartements dans le pays de Lorient, le Golfe du Morbihan et le Finistère Sud.

Si le Golfe a toujours la cote et tire, cette année encore, son épingle du jeu, les clients manifestent là aussi une nette préférence pour les grands espaces : les belles maisons ou les villas de bord de mer à gros budget sont particulièrement prisées des familles élargies et des groupes d’amis. La clientèle parisienne domine mais les Bretons, remarque cette professionnelle de la location saisonnière,  sont « plus nombreux que d’habitude ».
 

Des réservations de dernière minute


Autre nouveauté cette année : « les réservations se font à la dernière minute ! » La menace d’une deuxième vague du coronavirus reste prégnante et la peur d’un nouveau confinement revient à chaque coup de fil. « Les gens nous questionnent systématiquement sur les conditions d’annulation de leur séjour et nous leur expliquons que nous continuerons d’appliquer l’ordonnance du gouvernement sur ce point, à savoir : report du séjour ou bon d’achat et au bout de 18 mois, remboursement ».

Pour de nombreux professionnels du tourisme, pas facile d’anticiper la saison et encore moins l’arrière-saison. « Il a fallu reprendre vite le travail, s’adapter en peu de temps, mettre en place des gestes barrières sans aucune visibilité sur les réservations à long terme ». Nathalie Guiguen vient de recevoir un appel d’un propriétaire qui souhaite retirer sa maison de la location. Ses trois semaines de vacances à l’étranger sont annulées, il les passera donc chez lui. Et il n’est pas le seul.
  

Les gîtes quasi-complets


Pour de nombreuses familles, cette année, pas de vacances à l’étranger à l’horizon. Celles qui ont annulé leurs réservations ou longtemps hésité, se tournent vers les gîtes. Mais attention, les retardataires n’auront bientôt plus grand choix. Aux Gîtes de France, on affiche presque complet pour la Bretagne. Entre 80 et 90% d’occupation en moyenne sur juillet-août, avec un pic à 98% pour les locations sur le littoral. Finistère et Côtes d’Armor caracolent en tête des destinations et les maisons avec piscine sont prises d’assaut. Des biens « rares », nous précise-t-on chez Gîtes de France, qui sont partis comme des petits pains.
 
© Maxppp - S. Jarry

 

Les étrangers, grands absents de l'été


Les plus rapides à réserver cette année ? « Les Parisiens et les habitants de l’Est de la France, mais les clients du Grand Ouest commencent à appeler ». Assez nombreux semble-t-il pour compenser les grands absents de cet été 2020 : les étrangers et en particulier les Britanniques, refroidis par la perspective des quatorze jours de quarantaine à l’arrivée sur le sol français. Pour les familles qui choisissent de séjourner en chambre d’hôtes, la durée des séjours s’est allongée. Partir moins loin, un peu plus longtemps, en famille et profiter du bon air de la mer. La formule est plébiscitée par des Bretons qui jouent cette année la carte de la prudence.


Des vacances près de chez soi


C’est à se demander si la campagne lancée par le Comité breton du tourisme – « le dépaysement proche de chez vous » - le 20 juin dernier est bien utile ? Pour Nicolas Dayot, porte-parole de l’Union Bretonne de l’Hôtellerie de Plein Air (UBHPA) qui représente 383 campings privés, la réponse est oui.
« Beaucoup de clients sont gênés au moment de donner leur adresse parce qu’ils habitent à 15 km du camping ! C’est pourtant une réalité, les Brestois passent leurs vacances au Conquet, les Guingampais à Plougrescant pour des raisons culturelles et financières. Cette campagne en faveur des vacances près de chez soi va en décomplexer plus d’un ! »
 
Camping à Saint-Marcan, en Ille-et-Vilaine
Camping à Saint-Marcan, en Ille-et-Vilaine © DR

La Bretagne devrait se relever mieux que les autres régions, amortir plus facilement le choc du Covid-19 promet Nicolas Dayot : « depuis début juin, c’est la deuxième région qui a le plus rattrapé le retard accumulé avec la crise sanitaire ». Après une longue fermeture au printemps, les campings bretons reprennent des couleurs et ne manquent pas d’atouts. « Nos campings sont installés en bord de mer, sur de superbes espaces naturels, ils offrent à la fois la distanciation physique et la sécurité aux vacanciers ». Des vacances près de chez soi, dépaysantes et économiques.  De quoi (re)séduire les Bretons et les autres.
 
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