Vente de masques grand public en pharmacie et chez les buralistes, encore un peu de patience !

Un décret paru le 26 avril autorise les pharmacies à vendre des masques en tissu au grand public. Dès ce lundi matin, les officines ont reçu de nombreuses demandes, mais il va falloir patienter un peu. Côté buralistes, le réseau s'organise au niveau national pour alimenter les commerces en région.

© MaxPPP

Avec le déconfinement qui s'amorce, le retour à l'école et les préconisations du Conseil scientifique en faveur du port d'un masque en tissu dans les transports en commun pour lutter contre le Covid-19, les particuliers et certaines communes ont déjà commencé à fabriquer et à fournir ce matériel aux particuliers.

Depuis dimanche 26 avril, un décret gouvernemental autorise désormais les pharmacies à vendre ces masques grands publics, en dehors de ceux réservés aux professionnels de santé.
 
L'annonce a provoqué l'effervescence chez la clientèle mais il faudra patienter un peu, du fait des délais de fabrication et de livraison nécessaires.

"Dès que l'annonce est tombée, j'ai contacté les laboratoires qui me fournissent et des grossistes pour passer commande, mais il faudra attendre aux alentours du 20 mai pour être livré", explique ce pharmacien de Ploemeur dans le Morbihan "Nous avons eu beaucoup de coup de fil ce matin pour savoir si nous avions des masques à vendre, mais il est trop tôt. La loi met du temps à se mettre en place. Du jour au lendemain, elle est difficilement applicable, il va nous falloir un peu de temps avant de satisfaire la clientèle." 

Aucun tarif n'a été fixé mais le prix unitaire d'un masque est de 4, 90 euros hors taxe en moyenne. Il pourrait être vendu quasiment à prix coûtant selon ce professionnel. Le temps d'avoir des stocks suffisants, il limitera le nombre de masques vendus.  

Jean-François Batalla, Président de l'Ordre des Pharmaciens de Bretagne, précise : "Pour fixer les tarifs, cela va être compliqué car il existe différents types de masques en tissu pour le grand public : des maques lavables dix, vingt ou trente fois. Selon les laboratoires et les cahiers des charges, le prix n'est pas le même à l'achat !"

Les achats sont réalisés auprès de laboratoires pharmaceutiques spécialisés dans les orthèses et le matériel orthopédique, qui ont réorienter leur production pour fabriquer ces masques. Les pharmacies vont proposer au public deux types de produits avec des pouvoirs de filtration différents : 

- des masques normes AFNOR 1 , qui filtrent 90 % des particules, à destination des personnes infectées,

- des masques Normes AFNOR 2, qui filtrent 70 % des particules, à destination du public classique.

Jean-François Battala insiste également de son côté : "Pour le moment, nous passons commande, il n'y aura pas de livraison avant au mieux le la fin de la semaine prochaine, aux alentours du 10 mai !"
 

Des masques aussi dans le réseau des 1750 buralistes bretons
 

Les buralistes sont aussi concernés. Les 1750 bureaux de tabacs bretons vont bientôt, comme leurs confrères sur tout le territoire français, vendre des masques au grand public. Pour cela, la Confédération Nationale des Buralistes, s'est organisée pour alimenter le réseau. Depuis ce matin, chaque commerçant dispose d'un lien internet spécialisé baptisé "opération masque chez les buralistes" pour passer commande. La confédération se fournit auprès de la Société lainière de protection.
"Nous vendrons un seul type de masque aux normes AFNOR. les prix sont libres mais nous devrions les vendre autour de 5 euros, sans marge quasiment, c'est d'abord un service. Nous pourrons à priori être livrés en début de semaine prochaine" précise Odile Le Ny, présidente de la Fédération des buralistes de Bretagne. 

Dans son magasin de Lamballe, Odile Le Ny voudrait d'abord privilégier dans l'idéal les commerçants et les artisans qui auront besoin de masques pour reprendre leur activité, s'ils sont intéressés. Elle a réalisé une première commande de 400 unités pour commencer. Y'en aura t-il assez pour tout le monde ? "Si tous les buralistes peuvent vendre, il ne devrait pas y avoir de pénurie " dit-elle.

 
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