VIDÉO. Pourquoi les trains bretons sont-ils plus ponctuels qu'ailleurs en France

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Le reportage de Quentin Cézard et Thierry Bouilly ©France 3 Bretagne

Les mauvaises langues diront que les trains arrivent toujours en retard mais pas en Bretagne. Et oui ! La région est championne de France de la ponctualité des TER. En effet, 96% d’entre eux arrivent en gare à l’heure. Alors, comment expliquer cette exemplarité bretonne ?

"Attention au départ, le train TER BreizhGo va partir"... À l'heure. Sur les quais de la gare de Rennes, ce sentiment est largement partagé par les usagers du train : "Ça marche plutôt pas trop mal", "Franchement, oui ça va. Si le train est en retard, c’est très très en retard."

En effet, selon le bilan 2021 de la qualité de service des transports de voyageurs en France publié par l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), la palme de la ponctualité des trains revient à la Bretagne.

En 2021, "TER BreizhGo a réalisé les meilleures performances en termes de régularité (respect de l’heure d’arrivée), avec 96% de trains à l’heure contre 92,9% au national, et de taux de suppressions, avec un pourcentage d’annulation de 1,1% contre 2,4% pour les TER sur le territoire national", s'est félicitée sur son site la Région Bretagne.

D'ailleurs, en Bretagne, la SNCF publie, chaque mois, un rapport sur la ponctualité des trains TER BreizhGo. L’occasion de vérifier si les trains arrivent tout le temps en retard. Au mois de septembre, le taux de ponctualité était, par exemple, de 94,48%. 

Pour comprendre cette exemplarité bretonne, il faut prendre la direction du centre opérationnel de la région Bretagne. C’est ici qu’officient les anges gardiens du rail breton. En cas d’incident sur le réseau, ils gèrent la situation le plus rapidement possible pour éviter qu’il entraîne des retards en cascades.

Ce matin-là, un sanglier a été percuté par un TER entre Brest et Quimper. "Notre rôle va être d'isoler l'incident, le retard et d'éviter de le propager, indique Guillaume de Ferrier du Chatelet. C'est pour cela que dans nos choix, cela ne vaut pas mieux de supprimer un train pour revenir à la situation en fait nominale le plus rapidement possible." 

100 % à l'heure, un chiffre peu atteignable

Cependant, en Bretagne comme ailleurs en France, difficile de voir arriver les trains toujours à l'heure ainsi que l'explique Magali Euverte, directrice régionale TER Bretagne. "On me demande souvent s'il serait possible de les avoir 100% à l'heure. On a beaucoup d'aléas externes quand même qui sont là et nous notre rôle, c'est de faire en sorte que quand il y a un aléa externe, les conséquences pour les voyageurs doivent être les plus petites possibles."

Gérer les flux des voyageurs, les correspondances, réorganiser les équipes et les matériels pour que tout roule au mieux dans les 400 trains quotidiens bretons  sur les 1.200 kilomètres de rails, dans les 124 gares de la région. Une région privilégiée par rapport au reste de la France. 

"La Bretagne est une péninsule. Ça nous met en quelque sorte à l’abri des retards des autres régions qui seraient exportés sur la Bretagne, remarque Frédéric Etève, directeur SNCF Réseau Bretagne et Pays de la Loire. La deuxième raison c’est la force du collectif cheminot, avec ses parties prenantes telles que la Région et les autres collectivités On peut avoir un train à l’heure que si on est groupé."

Des investissements importants sur le rail breton 

Autre raison, les 2 milliards d’euros d’investissements faits en Bretagne depuis que les régions ont récupéré la compétence des trains régionaux.

Le réseau breton est presque neuf avec 800 kilomètres de rails rénovés ces 20 dernières années, mais pas seulement comme le souligne Mickaël Quernez, vice-président Climat et Mobilité de la Région Bretagne. "Ce sont évidemment des infrastructures ferroviaires avec près de 100 millions d'euros d'investissement. Ce sont des gares comme celle de Rennes qui est superbe et ce sont évidemment des matériels roulants avec près de 600 millions d'euros d'investissements." 

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Ces investissements vont continuer dans les prochaines années, notamment pour consolider le réseau secondaire et pour augmenter le nombre de trains en circulation.

Du positif reconnu par les syndicats mais qui s’accompagne, selon eux, de moins en moins de personnel dans les trains et les gares.

Les TER bretons sont en tout cas plébiscités par les 40.000 voyageurs quotidiens. C’est 28% de plus qu’en 2019.