La société orléanaise Variscan Mines veut relancer la production minière en France

© copie d'écran Variscan Mines
© copie d'écran Variscan Mines

La société orléanaise Variscan Mines va relancer des opérations de prospection minière : une première depuis 30 ans en France. Elle vient d'obtenir un permis d'exploration qui pourrait déboucher sur l'exploitation d'une mine de cuivre, d'or, et d'autres métaux stratégiques.

Par L.A./AFP

Variscan Mines, une société fondée à Orléans en 2010

C'est une entreprise de cinq salariés fondée par d'anciens ingénieurs du BRGM. Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) est un établissement public spécialisé dans les applications des sciences de la Terre, pour la gestion des ressources et des risques .  
Grâce à des capitaux australiens, la petite société vient d'obtenir un permis exclusif de recherche minière sur une zone de 205 km2 à cheval entre la Sarthe et la Mayenne, et une dizaine d'autres sont déposés ou en cours d'instruction en Bretagne et dans le massif central

"La France recèle un très riche potentiel minier"

Selon son directeur général, Michel Bonnemaison, la France recèle un très riche potentiel minier, avec une trentaine de sites intéressants qui méritent de nouvelles études. "Les données dont nous disposons remontent à trente ans et n'ont jamais été réévaluées. Or les techniques géophysiques sont devenues bien plus performantes et les paramètres économiques ont également changé, du fait de la hausse des cours et des enjeux stratégiques que représentent ces métaux", explique-t-il. Des sites qui n'étaient pas rentables autrefois pourraient donc le devenir. "Dans les années quatre-vingt, si l'on avait 10g de métal par roche, il n'était pas question d'exploiter. Aujourd'hui, avec 2g, c'est possible", ajoute-t-il. 

Relevés et sondages

Pour ce premier permis, Variscan va centrer ses recherches autour de l'ancien site de Rouez (Sarthe). Dans les années soixante-dix, Elf y avait déjà détecté une forte présence de cuivre et d'or, alors sans intérêt économique, même si l'or avait ensuite été exploité par une PME pendant quelques années. 

"Il y a habituellement dix chances sur 100 de trouver quelque chose, mais dans ce cas précis, nous pensons que la probabilité est plutôt de l'ordre de 30%", ajoute M. Bonnemaison.


Selon lui, l'importance de la teneur en cuivre déterminera la rentabilité du site, qui outre de l'or, pourrait renfermer du zinc, du plomb, et peut-être du germanium, un métal utilisé dans l'industrie électronique. Variscan va collecter des échantillons tous les 200m sur la zone, en surface et sous la surface, au niveau du sol et des eaux, puis fera des relevés électromagnétiques par hélicoptère, et enfin des sondages profonds dans les zones identifiées comme étant les plus intéressantes.

C'est parti pour 5 ans de recherches

Les recherches devraient durer cinq ans et coûter environ 11 millions d'euros. Si le site en vaut la peine, il faudra compter au moins 300 millions d'investissement pour son exploitation, qui pourrait durer 30 ans et créer 150 à 250 emplois.
Vivement soutenu par le ministère du Redressement Productif et son patron, Arnaud Montebourg, ce projet a suscité des réserves de la part d'associations locales comme le Collectif pour la Sauvegarde de la Charnie et Rouez environnement.
Elles rappellent notamment le précédent de l'ancienne mine d'or de Rouez, dont le site est toujours pollué par la présence de déchets renfermant du cyanure, et s'inquiètent de la présence de plusieurs zones classées Natura 2000, où vit notamment le pique-prune, une espèce de scarabée protégé.

Les Verts, eux, n'affichent pas d'opposition "de principe", mais déplorent que l'impact des opérations minières à venir ne soit pas pris en compte à ce stade. Pour limiter la contestation, Variscan assure que la future mine sera totalement souterraine, qu'elle sera comblée au fur et à mesure de son exploitation afin d'éviter les cavités, et que les déchets "ne seront pas remontés à la surface". 
Au-delà de ce permis, l'entreprise orléanaise espère obtenir une ou deux autres autorisations d'ici la fin 2013, pour multiplier ses chances d'aboutir à une découverte intéressante. Ses dossiers les plus avancés concernent le secteur de Merléac (Côtes d'Armor), sur 400 km2, l'ancienne mine d'étain d'Abbaretz (Loire-Atlantique) où il y aurait aussi du tungstène, et l'ancienne mine d'or de Saint-Pierre-Montlimart (Maine-et-Loire).


 

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