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TURANDOT, de l’Amour comme art de la guerre

Avant d’être un opéra, TURANDOT est un conte qu' Hong Fei Cultures nous restituent avec bonheur. Après avoir tout perdu, le prince Calaf tente l’aventure de l’amour. Comme à la guerre, au risque d’avoir la tête tranchée, il part à la conquête du cœur de Turandot...

Par Anne Lepais

  Si la violence répond à la violence, quand la violence s’arrêtera-t-elle ? Gandhi

   L' histoire  

   Défait en son royaume, abattu, le prince Calaf se dépouille de ses armes, de ses armoiries, et part en exil sur les routes de l’Asie Centrale. Arrivant en Chine, il se rend à la cour de l’empereur Altoun Khan qui règne avec sa fille Turandot. La princesse de Chine est si belle, que pas un portrait d’elle ne peut en donner une idée juste.

   Turandot est devenue synonyme de terreur aux yeux de son propre père, l’empereur. Elle a obtenu de lui un édit impérial : chaque prétendant est soumis à une épreuve constituée de trois énigmes, posées par cette princesse intelligente et cruelle.
S’il a mal répondu,  le prétendant a la tête tranchée. C'est la première scène à laquelle assiste Calaf lors de son arrivée à Pékin. Les mises en garde ne le freinent pas ; il tombe éperdument amoureux de Turandot, au premier portrait qu’il aperçoit...

   L'auteur 

   Thierry Dedieu, dont les éditions Hong Fei Cultures avaient déjà édité Dragons de poussière, s’attaque ici à un conte devenu légendaire par l’opéra que composa Giacomo Puccini au début du XXème siècle et il réalise un album grand format en signant le texte d’une adaptation libre du conte original et de magnifiques dessins qui mettent en œuvre la fureur des hommes, d’autant plus effrayante quand elle se mêle aux affres de l’amour.

   Quelle est cette beauté que nul homme ne peut approcher sans y succomber ? De quelle nature est l’amour de Turandot s’il punit de mort ceux qui l’approchent ? Quel est cet amour qui conduit l’esclave Liu au désespoir ?

  La mise en image

   / © Le graphisme répond avec soin et précision à cette fable de violence et d’amour. Dès la couverture, le lecteur découvre la moitié du visage de Turandot, caché par une grande ombrelle jaune qu’une traînée de couleur brillante, rouge sang, vient balafrer : c’est la mort des prétendants qui semble donner de la couleur à la belle Turandot !

   La première image, évoque la dernière bataille de Calaf, avec des hommes sur des chevaux. Sa composition hardie mêle hommes, chevaux et sabres et elle éveille des réminiscences de Guernica de Picasso : la violence des hommes est bien le postulat sur lequel s’appuie ce conte, violence qui ne peut s’empêcher de contaminer tout, jusqu’au plus doux des sentiments : l’amour.
Car, à la bataille perdue de Calaf, succède une nouvelle bataille pour accéder à l’amour de Turandot, une bataille où il doit mettre à nouveau sa vie en jeu, dans une ronde infernale... Gandhi disait : « Si la violence répond à la violence, où s’arrêtera la violence ? » et pourtant, dans cet univers-là, Calaf qui a connu la guerre, la défaite, et qui a tout perdu, arrivant à la cour de l’empereur, décider de jouer le jeu de la cour : « A Rome, comporte-toi comme un romain », disait le même Gandhi, 

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Calaf sait qu’il serait vain de vouloir s’y soustraire... D’où le dilemme : s’il renonce à la violence, il renonce à son amour, et s’il se maintient dans sa volonté d’aimer, il accepte d’avoir la tête tranchée. 

   Les hommes sont-ils capables de surmonter leurs peurs, leurs angoisses, et toutes ses sources de violence ? Derrière l’histoire, assez belle, il est facile de voir que le conte apporte une réponse plus ambiguë, ajoutant la cruauté à la violence : la rencontre de Turandot et de Calaf étant interrompue par le geste d’une servante, et comme sanctifiée, par l’ultime exutoire de la servante Liu, seulement coupable d’avoir été fidèle...
   Turandot ou la Princesse de Chine, est un conte célèbre grâce à la traduction qu’en offrit en 1704 l’orientaliste français François Pétis de la Croix, dont s’inspire toutes les adaptations, dont celle-ci. Une notule  « Turandot, une énigme une passion » complète en fin d’ouvrage pour les lecteurs curieux d’en savoir plus sur le destin de ce conte qui a traversé les siècles pour le plus grand bonheur de nous troubler... et qui est un excellent exemple de rencontre des cultures, Chinoise, Perse et Française.

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