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A Orléans, les harkis veulent être "des Français comme les autres"

Des représentants de la communauté des harkis du Loiret se sont rassemblés mardi devant la préfecture à Orléans pour commémorer le 12 mai 1962. Une date tragique qui scella l’avenir de dizaines de milliers de ces supplétifs engagés par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Rassemblement des membres de l'association 2ID-Harkis du Loiret devant la préfecture à Orléans - 12 mai 2015
Rassemblement des membres de l'association 2ID-Harkis du Loiret devant la préfecture à Orléans - 12 mai 2015 © F3 Centre-Val de Loire/B.Du Fay
Les associations de harkis ont baptisé le 12 mai la Journée de l’abandon. En 1962, deux mois après les accords d’Evian qui mirent fin à sept années de guerre en Algérie, le gouvernement Français prit la décision de ne pas rapatrier les harkis. Ces milliers de supplétifs, qui avaient pourtant joué un rôle important comme auxiliaires des armées françaises, furent abandonnés. Soumis à la vindicte de l’armée de Libération Nationale (A.L.N), près de 100 000 d’entre eux moururent massacrés. 

Cinquante trois ans après, l’association 2ID-Harkis du Loiret, qui manifestait cet après midi devant la préfecture du Loiret, porte une seule revendication : que l’Etat français reconnaisse officiellement, à travers un texte de loi, sa responsabilité dans "l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps de transit en France."

"Une réparation une fois pour toute"

"L’inscription dans la loi de la responsabilité de l’Etat permettra de reconnaître les sacrifices que les harkis ont consentis. Elle permet aussi d’envisager des réparations une fois pour toute" explique Saïd Balah, président de l’association 2ID-Harkis.

En matière de réparation, les harkis (ou leurs veuves) ont obtenu il y a dix ans une allocation de reconnaissance. Elle se monte actuellement à 2 143 € par an.

En septembre dernier, l’Etat a proposé un nouveau plan d’action en faveur des harkis qui doit faciliter, entre autres, l'accès à la formation et au logement social pour leurs enfants. "Le plus souvent, ces mesures ne sont pas suivies d’effets. Et cela dure depuis 40 ans. Avec une reconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat, nous sortirons de ce statut d’assistés. Nous voulons juste être des français comme les autres » revendique Saïd Balah.

La famille de Saïd est arrivée en 1967 à Orléans grâce à l’intervention de la Croix rouge internationale qui s’était émue du sort réservé aux harkis.  Mardi après-midi, Saïd, âgé aujourd’hui de 58 ans, était entouré d'anciens combattants, une poignée d'hommes qui ne doit sa survie qu'à la désobéissance de son encadrement militaire. 
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