Covid-19 : la tension hospitalière en Centre-Val de Loire continue de flamber

Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est exprimé à 20 heures ce mercredi. Les chiffres du covid-19 continuent de s'aggraver dans la région, la tension hospitalière est particulièrement inquiétante. 

Le taux d'incidence dépasse désormais les 300 cas pour 100 000 habitants en région Centre-Val de Loire. Photo d'illustration
Le taux d'incidence dépasse désormais les 300 cas pour 100 000 habitants en région Centre-Val de Loire. Photo d'illustration © CIRO FUSCO / MAXPPP

Une semaine après les "mesures de freinage" locales adoptées à la place d'un nouveau confinement dans 17 départements, la région Centre-Val de Loire continue de voir les chiffres du covid-19 flamber. Face à cette troisième vague, le président de la République Emmanuel Macron doit prendre la parole ce 31 mars à 20 heures.

A l'heure actuelle, quatre départements de la région ont dépassé les 300 cas pour 100 000 habitants : l'Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher, le Cher et l'Indre-et-Loire. Le Loiret a vu une progression plus modérée, mais continue, de la circulation du virus, franchissant le 29 mars le seuil de vigilance de 250 cas pour 100 000 habitants.

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Dans les hôpitaux, la tension monte

A la date du 31 mars, 167 personnes sont hospitalisées en réanimation en Centre-Val de Loire. En Eure-et-Loir, le département le plus touché dans la région, le nombre de personnes hospitalisées et en réanimation a d'ores et déjà dépassé celui du "pic" du printemps 2020, avec un tension hospitalière de 200%. En d'autres termes, il y a deux fois plus de lits de réanimation actuellement occupés par des patients covid dans le département qu'il n'en existait au total avant la pandémie. Cette forte tension a donné lieu à une "solidarité infra-régionale", note l'ARS, qui cite l'exemple de l'hôpital de Blois qui a pu accueillir quelques patients euréliens.

© Covidtracker / Guillaume Rozier

 

Face à cette tension hospitalière en hausse, certains patients transportables sont transférés dans les départements un peu moins surchargés. A l'hôpital Jacques Coeur de Bourges, par exemple, cinq patients en réanimation ont pu être transportés à Tours au cours des dix derniers pour y être pris en charge. La tension hospitalière dans le département du Cher atteint 83% ce 30 mars. Les services de santé constatent aussi un "rajeunissement" des patients hospitalisés en réanimation pour le covid. A Bourges, en février, la moyenne d'âge de ces patients était de 74 ans, elle est désormais de 66 ans. Le recours à la réanimation devient aussi plus fréquent : il ne concernait que 10% des patients hospitalisés en février, contre 24% en mars. "Le variant anglais en particulier, est plus prégnant sur certaines classes d'âges plus jeunes", précise Christophe Lugnot, directeur de cabinet de l'ARS. Des personnes de "20 à 40 ans" seraient ainsi plus facilement touchées par le covid-19 que par le passé, même si les personnes âgées restent particulièrement vulnérables.

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Outre les lits et les équipements, le personnel hospitalier est également mis à rude épreuve par cette nouvelle vague du virus. Face à l'indécision du gouvernement, plusieurs services de réanimation s'inquiètent de devoir bientôt "trier" les patients. "Pour l’instant on n’a pas à le faire, mais si cela continue, on va être amenés à faire des choix parmi des patients, et des patients qui sont jeunes", a alerté le docteur Florent Bavozet, chef chef du service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Victor-Jousselin de Dreux. "C’est ce que n’importe quel médecin craint : s’il vous reste un lit et que vous devez choisir entre deux malades... C’est l’enfer."

Où en est le vaccin ?

L'autre sujet sur lequel l'intervention d'Emmanuel Macron est très attendue, c'est celui du vaccin. Depuis que le vaccin est disponible, moins de 10% de la population l'a reçu, sans compter les cafouillages du mois de mars, lorsque le vaccin AstraZenecca, théoriquement accessible pour les pharmaciens depuis le 15 mars, a été temporairement suspendu avant d'être à nouveau autorisé par l'Agence du médicament quelques jours plus tard. Fin mars, 11,60% de la population du Centre-Val de Loire avait reçu au moins une dose, ce qui la place en léger retard par rapport à la moyenne nationale de 11,95%. Malgré les efforts des professionnels de santé, les précieux flacons continuent d'arriver au compte-goutte.

 

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