Autour des châteaux de la Loire fermés, le blues des gîtes et des chambres d'hôtes pendant les Fêtes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Thomas Hermans

En Indre-et-Loire et dans le Loir-et-Cher, les gîtes accusent une baisse de fréquentation cet hiver. En cause notamment, la fermeture des sites touristiques et la limitation des grandes réunions de famille, traditionnelles pendant les Fêtes de fin d'année.

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Selon le département d'Indre-et-Loire, les gîtes du Centre-Val de Loire ne sont pas logés à la même enseigne. Pour les deux dernières semaines de 2020, année catastrophique pour le secteur, de nombreux gîtes et chambres d'hôtes de la région accusent une baisse significative de la fréquentation, tandis que d'autres se maintiennent à flots.

Des disparités essentiellement géographiques. France Bleu Orléans et France Bleu Berry rapportent en effet que le Loiret a vu ses gîtes faire le plein pour les Fêtes, comme d'habitude, tandis que la fréquentation dans l'Indre est même en augmentation par rapport à la même période en 2019. Des réservations encouragées par la fin des restrictions de déplacement, et par l'envie, pour nombre de citadins, de se mettre au vert.

Dans le Loir-et-Cher, plus éloigné de Paris que le Loiret, la fréquentation semble se maintenir. "Globalement, on est un petit peu en-dessous par rapport aux réservations 2019", explique la présidente des Gîtes de France du Loir-et-Cher, Elodie Colonna de Leca. Une baisse qu'elle juge peu significative, "avec un chiffre d'affaires équivalent".

Elodie Colonna de Leca remarque également que "les réservations ont été plutôt étalées dans le temps", et qu'il "n'y a pas eu d'annulations". 

"Ç'aurait pu être pire"

Une situation opposée à celle constatée par Fabienne Houdayer. A en croire la responsable des Gîtes de France Touraine, les réservations dans l'Indre-et-Loire se sont effectuées "au rythme des annonces du gouvernement, à la dernière minute", avec une part plus importante qu'à l'accoutumée des séjours de moins d'une semaine. 

Résultats : les gîtes et chambres d'hôtes de Touraine enregistrent une baisse du nombre de réservations d'environ 14% par rapport aux vacances de fin d'année en 2019. "On aura 37% de remplissage à Noël et 48% au jour de l'an", note Fabienne Houdayer, en considérant que plus d'un tiers des 730 gîtes de l'Indre-et-Loire sont fermés cet hiver

"Dans ce contexte, avec l'incertitude à la fin du couvre-feu, ç'aurait pu être pire", ajoute-t-elle, précisant que ces deux semaines sont traditionnellement "importantes pour les gîtes ouverts, qui pratiquent des prix un peu plus élevés que le reste de l'année".

Et notamment pour les gîtes les mieux équipés qui, d'ordinaire, bénéficient pendant les Fêtes des regroupements familiaux. Mais cette année, avec les recommandations gouvernementales de six invités maximum à table, les grands rassemblements se font beaucoup plus rares, et "les grands gîtes ont donc plus de mal cette année", avance Fabienne Houdayer.

Le Centre au centre

Heureusement, le Centre-Val de Loire conserve une situation géographique qui "facilite les rassemblements", à en croire la responsable des gîtes de l'Indre-et-Loire :

Tours et la Touraine sont des endroits souvent choisis parce que les gens de partout en France peuvent s'y retrouver à mi-chemin, au centre de la France. Les enfants qui sont dans le sud, les parents en Bretagne et les cousins de Paris.

Fabienne Houdayer, responsable Gîtes de France de l'Indre-et-Loire

Mais, plus éloigné géographiquement de Paris, l'Indre-et-Loire semble avoir moins profité de l'arrivée des Parisiens que le Loiret par exemple.

Les châteaux, toujours portes closes

Avec un facteur aggravant : la fermeture des châteaux. "Les vacanciers attendaient de voir si les site touristiques allaient ouvrir, mais ça n'a pas été le cas", regrette Elodie Colonna de Leca, avec pour conséquence un manque de réservations de dernière minute dans le Loir-et-Cher.

Car le Loir-et-Cher et l'Indre-et-Loire sont les deux départements du Centre-Val de Loire les plus dépendants du tourisme lié aux château de la Loire, qui espéraient il y a deux semaines accueillir du monde pour les Fêtes. Et la décision du gouvernement de les garder fermés après la fin du confinement le 15 décembre a été dure à encaisser.

D'habitude, "on fait le plein grâce à Noël aux châteaux", rappelle Fabienne Houdayer. Alors forcément, sans châteaux à visiter, les touristes fans de patrimoine désertent la Touraine et le Loir-et-Cher. 

Offre adaptée à l'hiver

Une conjonction de facteurs qui ne fait pas que des malheureux. Moins d'activités touristiques et une météo hivernale à décourager toute balade sont autant d'éléments qui poussent les vacanciers à investir les gîtes "adaptés à la vie en hiver, soit plus petits ou axés sur le confort intérieur et le cocooning", précise Elodie Colonna de Leca.

Même si ces chiffres ne sont pas ravissants pour le secteur, ils sont une goutte d'eau au milieu du reste de 2020. Selon Fabienne Houdayer, les gîtes de l'Indre-et-Loire ont "beaucoup perdu au printemps pendant le premier confinement, où on fait habituellement la moitié du chiffre d'affaires de l'année".  

Pour rattraper leur retard sur l'année, les Gîtes de France de l'Indre-et-Loire ont mis en vente des voyages "clé en main", présentés sous forme de cadeaux pour cet hiver. Un moyen de rebooster les ventes. Malgré tout, les recettes de 2020 sont en baisse de 25% par rapport à 2019 pour les gîtes de Touraine.