CARTE. "Vaccinodromes" : où seront-ils ? Ce que l'on sait pour le Centre-Val de Loire

Le ministre de la Santé a déclaré ce lundi 22 mars que des centres de vaccination XXL seront déployés sur le territoire, avec potentiellement un à deux vaccinodromes par département. On fait le point sur ce que l'on sait de la situation en région Centre-Val de Loire. 

Image d'illustration d'un vaccinodrome en Allemagne / AFP
Image d'illustration d'un vaccinodrome en Allemagne / AFP © Christof STACHE / AFP

"Il n’y a jamais eu de religion anti-vaccinodrome". C’est que qu’a assuré Olivier Véran lors d’un débat sur la logistique de la stratégie vaccinale organisé, lundi soir, à l’Assemblée nationale

Un peu plus tôt dans la journée, lors d'un déplacement à Epinay-sous-Sénart (Essonne), il a dressé les lignes directrices du déploiement de ces "vaccinodromes". "Le service de santé des armées va travailler à développer un certain nombre de grands centres de vaccination – on peut les appeler 'vaccinodromes' ou 'mégacentres', quel que soit le nom", a-t-il annoncé.

"Il y a au moins 35 centres qui vont être déployés à la fois par l'armée et les pompiers sur le territoire national. Et nous en déployons avec l'Etat, l'Assurance maladie, un certain nombre d'autres."

Augmentation massive des livraisons de vaccins

Alors que la moitié de la population de 75 ans et plus a reçu au moins une dose (selon les données de CovidTracker, au 21 mars), l’État semble donc prêt à copier son voisin allemand.

Un changement de stratégie lié aussi aux livraisons de vaccins qui "vont augmenter massivement dans 10 jours", a déclaré le ministre de la Santé. Une information loin d’être négligeable, surtout après les annonces à répétition des retards de la part d’AstraZeneca

Le directeur de l'Agence régionale de santé en Centre-Val de Loire (ARS) Laurent Habert confirmait d'ailleurs à France Bleu Orléans que la livraison des doses d'AstraZeneca restait aléatoire. Mais il promet lui aussi une accélération de la campagne de vaccination dans la région : "Nous allons recevoir début avril deux fois plus de doses de vaccin Pfizer par rapport au mois de mars".

Un centre à Olivet 

Selon nos confrères des Echos, le gouvernement évoquerait au moins un "vaccinodrome" par département, 100 à 200 au total en France. Voilà pour les annonces gouvernementales, sur le terrain, rien n'est très précis pour l'heure. Les autorités locales seraient-elles être prises de court ? Impossible à dire, mais ce ne serait pas la première fois dans cette crise sanitaire. 

Dernière nouvelle qui date du 25 mars et relayée par La République du Centre : un grand centre de vaccination sera installé au centre sportif du Larry, à Olivet, à compter du 6 avril. L'objectif est de réaliser plus de 1.000 vaccinations par jour, avec des doses du laboratoire Pfizer. Si les vaccins sont arrivés, bien sûr.

Christophe Tafani, président du conseil de l'ordre des médecins du Loiret, accueillait en début de nouvelle ces nouvelles avec "grand espoir". Il reste cependant prudent après l'expérience de janvier où les médecins se sont mobilisés alors que les vaccins n'arrivaient pas. "Il y a eu beaucoup d'effets d'annonce, il ne faut pas donner de faux espoirs à tout le monde."

D'après ses informations, cette ouverture est possible grâce à la livraison de 15.000 doses par semaine en plus des commandes habituelles.

2 vaccinodromes en Indre-et-Loire

En Indre-et-Loire, la Nouvelle République évoque deux centres de vaccination envisagés à la salle de l'Escale à Saint-Cyr-sur-Loire et Saint-Avertin, l’ARS ne confirme rien pour le moment : "Il n’y a pas de norme pas département. Si en effet deux centres sont envisagés en Indre-et-Loire (rien de définitif encore), ce n’est pas forcément le cas dans les cinq autres départements de la région".

"Cela demande du temps de réflexion pour régler les aspects organisationnels avec l’ensemble des acteurs concernés", ajoute-t-elle.

Le président du conseil de l'ordre des médecins d'Indre-et-Loire, Philippe Paganelli, attend des précisions. "Le problème reste la logistique. La préfecture et l'ARS doivent être en train d'organiser cela.

Il sait pour l'instant qu'il s'agirait de "gros centres" qui viendraient compléter le maillage de proximité en Indre-et-Loire. Dans les six petits centres déjà existants, les autorités veulent par ailleurs "multiplier par trois le nombre de gens qui y seront vaccinés. Au lieu de vacciner 500 personnes par semaine, ils se fixent un but d'en vacciner 1.500", détaille-t-il.

Déménagement d'un centre à Bourges

Le Dr Dominique Engalenc, membre du conseil de l'ordre des médecins du Cher, constate lui aussi "les annonces gouvernementales ont précédé la concertation sur le terrain. C'est arrivé d'en haut."

"On n'a pas de ressources médicales et paramédicales majeures donc on a réfléchi", raconte-t-il. La décision a été prise de déménager le centre de vaccination de Bourges, situé salle Monmarteau, au Palais des sports du Prado, dans une salle de réception. Ce nouveau lieu est censé ouvrir le 29 mars prochain.

"On va disposer d'une salle trois à quatre fois plus vaste, qui va nous permettre d'augmenter nos capacités de vaccination en semaine, détaille-t-il. On est en train aussi d'étudier la possibilité d'ouvrir en plus le dimanche à partir du 11 avril." L'objectif est de passer de 1.000 injections par semaine à plus de 2.000 à partir de la mi-avril.

Le Dr Engalec tient cependant à apporter des nuances : il ne s'agit pas de faire un vaccinodrome immense de la taille d'un stade, "car on n'a pas les ressources humaines et d'organisation".

Il cherche d'ailleurs du personnel soignant pour faire les injections : "J'essaye de recruter de nouveaux professionnels de santé, en plus de ceux qui s'étaient portés volontaires. Le nombre de vaccinations que l'on pourra faire dépendra du nombre d'équipes qu'on aura pu constituer", conclue-t-il. 

La salle des fêtes de Châteauroux en vaccinodrome

Une préoccupation que n'a pas Christian Moreau. Le secrétaire général du conseil de l'ordre des médecins l'Indre assure que "beaucoup de médecins retraités sont prêts à agir quand il y aura les vaccins".

Prêts à agir où ? En tant que médecin référent Covid du département, il pense à une "salle des fêtes à Châteauroux, avec un énorme parking à côté. Pour le moment, ce centre fonctionne assez lentement du fait qu'il y a peu de vaccins. Mais le jour où les vaccins arriveront, ce lieu pourrait devenir facilement un vaccinodrome". Il en a d'ailleurs touché un mot à l'ARS.

10 centres en Eure-et-Loir

Dans ce département où la situation sanitaire est particulièrement préoccupante, aucun vaccinodrome n'est à l'ébauche en ce lundi matin. C'est en tout cas ce que la préfecture d’Eure-et-Loir affirmait. Pour l’instant, elle veut garder un maillage de proximité en doublant le nombre de centres, soit 10 au total.

Il en existe pour l'instant cinq : quatre à Chartres, Dreux, Nogent-le-Rotrou, Châteaudun, et un éphémère à Senonches. Les intercommunalités de Bonneval, du Coeur de Beauce, des Portes Euréliennes, des Terres du Perche, et d'Entre Beauce et Perche devraient avoir chacun un centre d'ici le 15 avril.

A Chartres, le parc des expositions est déjà utilisé comme centre mais reste surdimensionné pour l'instant par rapport au rythme de vaccination. Chartrexpo fait en effet 6.500 m2 et possède un parking de 5.000 places à côté. Avec l'augmentation des doses à partir de la mi-avril, il pourrait être davantage exploité, et devenir un des vaccinodromes, ainsi que le Parc des expositions à Dreux.

Le responsable du conseil de l'ordre des médecins d'Eure-et-Loir s'étonne quant à lui de ne plus avoir de contact avec l'ARS et la préfecture depuis 15 jours : "Nous sommes mis sur le banc de touche".

Le gouvernement maintient son objectif de 10 millions de primo-vaccinés à la mi-avril

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