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La centrale de Belleville-sur-Loire reste sous surveillance renforcée

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) comporte deux unités de production de 1 300 mégawatts chacune. / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP
La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) comporte deux unités de production de 1 300 mégawatts chacune. / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP

L'Autorité de sûreté nucléaire juge que les 4 centrales du Centre-Val de Loire sont dans un état "globalement satisfaisant." Mais la surveillance doit être maintenue en particulier à Belleville où des erreurs ont encore été régulièrement constatées en 2018.

Par France 3 Centre-Val de Loire

L’Autorité de sûreté nucléaire avait convoqué la presse le 26 juin pour faire le point sur l’ensemble des contrôles effectués en 2018 sur les installations nucléaires du Centre-Val de Loire. Pour rafraîchir les participants en cette journée de canicule, quelques bouteilles en plastique étaient posées sur la table.

Une habitude dans ce type de réunion, il ne faut pas y voir une défiance envers l’eau du robinet, dix jours après qu’un laboratoire indépendant, l'ACRO (Association pour la radioactivité dans l’Ouest) a publié des données confirmant la présence régulière d’un polluant radioactif, le tritium, dans l’eau de la Loire et dans l’eau du robinet distribuée à proximité du fleuve.

Le mystère demeure en particulier sur un pic à 310 becquerels par litre (supérieur au seuil d’information des populations) constaté le 21 janvier 2019 en aval de la centrale de Chinon. EDF nous déclare ne pas avoir connu d’incident particulier ce jour-là mais l’ASN a commencé une enquête qui, pour l’instant, n’a rien donné.
 

Nous avons mené une inspection inopinée la semaine dernière sur le site de Chinon. Et nous avons examiné l’ensemble des registres des centrales de la région pour chercher. Pour l’instant nous ne constatons pas d’anomalie mais l’enquête va se poursuivre. Je rappelle par ailleurs qu’il n’y a pas de conséquences sanitaires à ces valeurs-là.

explique Alexandre Houlé, chef de la division d’Orléans de l’ASN.
 

Belleville sous surveillance

Pour ce qui est du bilan global des centrales nucléaires du Centre-Val de Loire, l’ASN qui a effectué 101 inspections, le juge donc satisfaisant. Pour les points positifs, Chinon affiche des résultats parmi les meilleurs de France pour la radioprotection et l’état général de la centrale de Belleville-sur-Loire s’est amélioré.

Cependant la centrale du Cher reste l’installation la plus mal notée de la région ce qui conduit l’ASN à prolonger la surveillance renforcée entamée en septembre 2017.

Les inspecteurs ont constaté encore trop de « manques de rigueur  dans la conduite des installations en matière de sûreté nucléaire. Il y a encore trop de défauts dans la surveillance des paramètres du réacteur. Les règles ne sont pas toujours respectées, selon Alexandre Houlé. »

Le gendarme du nucléaire a aussi émis quelques critiques envers les autres sites :

- Dampierre-en-Burly affiche des performances en retrait en matière de radioprotection et doit améliorer ses performances dans le domaine de la protection de l’environnement.

- Saint-Laurent-des-eaux a plusieurs fois manqué de rigueur en matière de sûreté nucléaire.

- Chinon a commis des écarts réglementaires  dans le domaine de la protection de l’environnement.
 

Un démantèlement trop lent

Dans son rapport annuel, l’ASN a aussi émis des réserves concernant le calendrier souhaité par EDF pour le démantèlement des vieux réacteurs à l’arrêt de Chinon à St-Laurent-des-Eaux. En mars 2016, l’entreprise a annoncé que le projet d’un démantèlement sous eau était abandonné au profit du démantèlement en air.

Le prototype serait d’abord réalisé sur l’un des réacteurs de Chinon avant d’entamer le chantier des autres ce qui repousserait, pour St-Laurent par exempl,e la fin de la déconstruction au XXIIe siècle.

L’ASN estime qu’il faut aller beaucoup plus vite et démanteler plusieurs réacteurs en même temps. Elle proposera un autre calendrier avant la fin de l’année qui sera soumis à une concertation publique. Cependant le problème du stockage des enveloppes de combustibles  irradiées toujours présentes à St-Laurent, reste entier.

Aucun site n’est disponible pour les accueillir. Elles n’ont pas vocation à être déposées dans le futur site de stockage destiné à relayer La Hague, lequel sera choisi en 2020 et dont certains redoutent qu’il soit installé à Belleville.
 

Prêt pour la canicule 

Concernant la chaleur et la sécheresse actuelle, l’ASN s’est voulue rassurante. Les barrages de Villerest et Naussac sont quasiment pleins et permettront de maintenir le niveau de la Loire et donc l’activité des centrales sans problème jusqu’au mois d’octobre. Ils vont toutefois bientôt entrer en action pour assurer un débit proche de 60 m3 par seconde à Gien.

Quand le débit du fleuve devient plus faible l’été, les centrales de la région ont l’obligation de se concerter, sous l’autorité de St-Laurent, pour effectuer leurs rejets en Loire. Elles doivent également s’assurer qu’il n’y a pas une différence de plus d’un degré entre l’amont et l’aval des installations.

Mais contrairement au Rhône, il n’y a pas en Loire de température maximale de l’eau à ne jamais dépasser qui provoquerait un arrêt réglementaire des rejets.
 

 

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