Le Centre-Val de Loire, première région métropolitaine à prendre position en faveur des cirques sans animaux sauvages

Pour la première fois, l'une des régions de France métropolitaine demande à l'Etat d'interdire progressivement la présence d'animaux sauvages dans les structures itinérantes. Un combat mené depuis plusieurs années par l'association Code Animal.

Selon un sondage IFOP, presque 3 français sur 4 souhaitent l'arrêt des spectacles d'animaux sauvages dans les cirques
Selon un sondage IFOP, presque 3 français sur 4 souhaitent l'arrêt des spectacles d'animaux sauvages dans les cirques © Cyril Frionnet/Maxppp/MAXPPP

Jeudi 17 décembre, lors d'une séance plénière, le Conseil Régional de la Région Centre-Val de Loire a apporté "son soutien aux communes du territoire régional qui ont pris ou prendront position pour des cirques sans animaux sauvages". La décision, adoptée par la majorité, est largement soutenue par les groupes écologiste et SRC (Socialites, Radicaux et Démocrates).

Barbara Pompili, la ministre de la transition écologique, avait annoncé le 29 septembre dernier la fin progressive de la faune sauvage dans les cirques itinérants. D'autres propositions avaient également été faites pendant cette conférence de presse, comme la fin des élevages de visons pour leur fourrure et de la présence des orques et dauphins dans les delphinariums.

Un combat national

En France, plus de 400 communes se sont déjà positionnées en faveur de l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants. Parmi elles, il y a notamment Blois, Tours ou encore Bourges. Selon Charles Fournier, le troisième vice-président de la Région Centre-Val de Loire (EELV), en charge de la transition écologique et citoyenne, le sujet doit continuer d'être "un combat national. Nous traversons la 6ème période d'extinction de masse donc la question doit être davantage abordée par le gouvernement".

Par ailleurs, la Région enverra un courrier à l'Etat, demandant la concrétisation de cette idée et l'engagement des discussions sur le sujet : "nous voulons interroger l'Etat sur les étapes qui peuvent amener à cette interdiction et la façon dont on peut l'inscrire dans la loi". Avec cette prise de position, Charles Fournier voit ici un moyen "de faire pression collectives avec l'aide des associations et ONG concernées".

"La position de la région nous aide à continuer ce débat dans la société"

Selon un sondage IFOP publié en 2020 pour la fondation 30 millions d'amis, 72% des français sont favorables à l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques. Pour Alexandra Morette, la présidente de l'association Code Animal, "la position de la région nous aide à continuer ce débat dans la société".

Depuis 8 ans, elle et ses équipes travaillent avec les élus locaux pour faire valoir ce droit. Elle explique qu'aujourd'hui, cette transition vers des cirques sans animaux sauvages est moins difficile qu'hier : "l'Etat a apporté son aide pendant les deux confinements pour que les dresseurs continuent de s'occuper des animaux. Des aides sont aussi débloquées pour ceux qui souhaitent se reconvertir".

Certains grands cirques, comme Arlette Gruss, Bouglione ou encore Medrano proposent déjà des spectacles sans animaux. Ceux qui refusent de changer cette habitude se justifient par la baisse de la fréquentation des cirques.

Alexandra Morette, présidente de l'association Code Animal

Grâce à cette décision, Alexandra Morette espère également une prise de position de la part de la ville d'Orléans, seule grande ville de la Région à ne pas s'être prononcée sur le sujet.

 

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