Bourges : l'ancien directeur de l'école catholique de l'Angélus jugé pour des violences sur des enfants

Un abbé et deux enseignants comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bourges ce lundi 22 novembre pour des punitions violentes contre les élèves de l'école de l'Angélus, à Presly dans le Cher, fermée en 2017.

Humiliations, gifles, conditions d'hébergement "rudes", aliments périmés, bâtiments peu chauffés, corvées... La liste des violences et punitions infligées au sein de l'institution catholique de l'Angélus, à Presly dans le Cher, lue par la présidente est longue.

Ce lundi 22 novembre s'ouvre au tribunal correctionnel de Bourges le procès de l'abbé Régis Spinoza, ex-directeur de l'école privée hors contrat entre mars 2014 et sa fermeture en 2017. Au total, selon les enquêteurs, 51 élèves sur les 112 de l'établissement auraient subi des violences.

"Pédagogie de la trouille"

Un enseignant, cité dans la procédure, évoque une "pédagogie de la trouille".
Selon la multitude de témoignages d'enfants, mais aussi de professeurs et de bénévoles, les brimades étaient nombreuses au sein de l'institution, fermée depuis la mise en examen de son directeur en juin 2017.

L'internat de l'Angélus accueillait des élèves de la primaire au lycée. Les punitions évoquées sont nombreuses, chacune possédant un surnom. Avec l'"Orangina", l'élève était secoué en étant tenu par la joue. Le "poireau" voyait l'élève laissé seul dans le couloir pendant plusieurs heures. Et si l'enfant se retrouvait au "bocal", il était isolé dans une pièce vide. 

Et l'Angélus qui emprisonne

L'ancien directeur, qui s'est présenté en soutane au tribunal, est poursuivi pour des violences avec une ITT de plus de huit jours commises sur un mineur et pour des violences sans ITT commises sur plusieurs enfants. L'homme d'Église, tenant d'un catholicisme "traditionnel" selon son propre terme, encourt une peine maximum de dix ans de prison. Son casier judiciaire est vierge.

Dès le début du procès, prévu jusqu'à mercredi, l'abbé âgé de 50 ans a reconnu "des gifles de manière accidentelle", assurant avoir demandé "pardon". "Ce n'est pas un acte de violence, c'est un acte d'éducation", a-t-il argué, refusant toutefois l'idée de corrections "institutionnalisées".

Deux familles seulement se sont portées parties civiles, alors que l'instruction avait identifié 51 victimes.

Outre l'abbé, deux autres surveillants de l'institution catholique, aujourd'hui âgés de 28 et 59 ans, se trouvent dans le box des prévenus pour des violences moindres.

Dans un autre volet de l'affaire, l'ex-directeur est soupçonné d'avoir eu recours à du travail dissimulé au sein de l'établissement, notamment pour certains enseignants. La défense, elle, parle de "bénévolat" et de "don de soi pour soutenir le projet".

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