Mort de la petite Hyana : 30 ans requis contre le compagnon, 15 ans à l'encontre de la mère aux assises de Bourges

Ce lundi, devant la cour d'assises du Cher, le parquet a requis 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté de 20 ans, à l'encontre de Hamza B., accusé d'être l'auteur des coups et mauvais traitements ayant entraîné la mort de la petite Hyana en janvier 2018.

PHOTO D'ILLUSTRATION. Salle des assises du tribunal de Bourges
PHOTO D'ILLUSTRATION. Salle des assises du tribunal de Bourges © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN

Concernant la mère Noémie P., l'avocate générale Marie-Pierre Viret a réclamé 15 ans de prison, la jugeant complice de torture ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Reprenant les mots de l'expert, qui évoquait une "personnalité psychopathique" à propos de son compagnon, l'avocate générale a évoqué une personnalité "hors norme et problématique d'un point de vue sociétal".
"Il est dangereux pour la société et ne se remet jamais en cause", a asséné la magistrate, appuyant sa lourde réquisition sur le témoignage du médecin légiste.

A l'autopsie, Hyana avait 32 lésions et 14 morsures

Le médecin légiste avait évalué à sept, sur une échelle de sept, les souffrances de l'enfant. La petite victime souffrait en effet de 32 lésions, dont 14 morsures, une brûlure et des fractures aux poignets, avant-bras, mains et doigts.

Le 30 décembre 2017, la fillette avait été déposée dans le coma à l'hôpital de Bourges, par sa mère, sous un faux nom. Cette dernière avait ensuite pris la fuite avec son compagnon, Hamza B.. L'enfant, "qui présentait de multiples ecchymoses, ainsi que des traces de morsure, de brûlures et un hématome sous-dural compressif", selon les termes du procureur de la République de Bourges en 2018, décèdera une quinzaine de jours plus tard, avoir été transférée à l'hôpital de Tours. Elle avait six ans.

La mère a préféré protéger son compagnon que sa petite fille

L'avocate générale a par ailleurs demandé une déchéance de l'autorité parentale définitive contre Noémie P., qui a deux autres enfants, dont un du principal accusé. "Elle est complice quand elle décide de ne plus scolariser sa fille pour ne pas que les violences soit constatées", a-t-elle estimé. 

La magistrate a insisté sur l'immaturité de la jeune mère, âgée de 22 ans au moment des faits, évoquant un "monstre d'égoïsme" pour avoir tout mis en oeuvre pour protéger son compagnon, en faisant notamment échouer l'ordonnance de placement prononcée pour protéger Hyana quelques mois avant le drame.
"Hyana fait face à deux adultes: un qui la torture, un qui la maintient à disposition de son bourreau", a-t-elle résumé. "Elle a préféré Hamza à ses enfants".
 

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