Cher : l’ancien directeur de l'école catholique l’Angélus, jugé pour violences sur des élèves à partir du 27 septembre

L’abbé Spinoza et deux enseignants comparaîtront à partir de lundi 27 septembre devant le tribunal correctionnel de Bourges pour des violences commises sur des élèves de l'institution l'Angélus, une école privée catholique hors contrat située à Presly (Cher) et aujourd'hui fermée.

L'abbé Régis Spinoza, ex-directeur de l'école, est poursuivi pour des violences avec une ITT de plus de huit jours commises sur un mineur et pour des violences sans ITT commises sur plusieurs enfants.

Egalement soupçonné un temps d’agressions sexuelles sur mineurs, cette charge avait finalement été abandonnée à l’issue de l’instruction. Placé sous contrôle judiciaire à la suite de sa mise en examen en juin 2017, l'homme d'église, présumé innocent, encourt une peine maximum de dix ans de prison.

Des châtiments dignes "du XIXème siècle"

L’affaire a débuté après un signalement par les services académiques au Procureur de la République de Bourges fin mars 2017. Une enquête, alors confiée à la brigade de gendarmerie de Vierzon, a par la suite permis de confirmer les soupçons de maltraitances.

Une multitude de témoignages d'enfants, mais aussi de professeurs et de bénévoles, ont été recueillis par les enquêteurs, laissant apparaître un quotidien d'humiliations, de privations, de châtiments corporels et de corvées. Les services vétérinaires ont également découvert des produits périmés servis aux élèves.

Au cours d’une conférence de presse donnée au moment des faits, le Procureur de la République de Bourges a notamment relaté des claques et des punitions qui pouvaient prendre la forme d’une mise à l’écart d’un élève, parfois même pendant toute une nuit. Des châtiments dignes "du XIXème siècle", a-t-il estimé à l’époque.

Des méthodes éducatives "Strictes"

Deux familles seulement se sont portées parties civiles, alors que l'instruction avait identifié 51 victimes. Selon Maitre Solange Doumic, l'avocate de trois enfants, l’abbé Spinoza "avait ses têtes de turc". "Les enfants pouvaient rester toute une journée, voire plusieurs jours et même plusieurs semaines sur une chaise, sans manger, à la vue de tous", ajoute l'avocate.

Si l'avocate de la défense, Maitre Ludivine Lamour, reconnaît des méthodes éducatives "Strictes", elle réfute en revanche les violences.

Outre l'abbé Spinoza, deux autres hommes, aujourd'hui âgés de 28 et 59 ans, se trouveront lundi dans le box des prévenus pour des violences moindres. Ils encourent trois ans de prison.

Travail dissimulé ou "bénévolat" ?

Dans un autre volet de l'affaire, l'abbé est soupçonné d'avoir eu recours à du travail dissimulé au sein de l'établissement, notamment pour certains enseignants. A tel point qu’en 2017, le procureur de la république de Bourges se disait "incapable de donner l’effectif de l’établissement". La défense, elle, parle de "bénévolat" et de "don de soi pour soutenir le projet".

Fermée depuis juin 2017, l'Angélus accueillait 109 élèves, du primaire au lycée. Depuis la mise en examen de son ex-directeur, l'institution n'a jamais rouvert ses portes malgré les multiples recours judiciaires d’une association de parents d’élèves. Le procès est prévu sur trois jours.

 

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