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Municipales : maire d'une commune rurale dans le Cher, Guy Bergerault raconte les joies et les difficultés de son mandat

Guy Bergerault se sent dépossédé des ses fonctions de maire. / © Guy Bergerault / Facebook
Guy Bergerault se sent dépossédé des ses fonctions de maire. / © Guy Bergerault / Facebook

#Municipales2020 : nous sommes allés à la rencontre de maires de communes rurales du Centre-Val de Loire pour tirer leurs portraits dans le cadre des élections municipales à venir. Comment ces élus de proximité voient leurs mandats ? Leur territoire ?

 

Par Amélie Rigodanzo

Guy Bergerault est le premier maire a débuté cette série de portraits. Il exerce son deuxième mandat à la mairie de Châteaumeillant (Cher). En 10 ans, il a vu débarquer les communautés de communes et sa fonction de maire lui échapper.

A 75 ans, Guy Bergerault n’envisage pas de briguer un nouveau mandat. "J’aurais 77 ans en 2020 alors, soyons raisonnables, même si on est en bonne santé, je pense qu’il faut passer la main. Mais la situation actuelle est une raison qui l’emporte sur l’âge."

Pourtant, lorsqu’il est élu pour la première fois en 2008, il a de belles ambitions pour sa petite ville de 2000 habitants nichée, comme il le dit et sans être péjoratif, « dans la France profonde »: Le bocage berrichon, près de l’Allier et de l’Indre. En somme, "une zone très très rurale".

"Je pensais pouvoir être utile à ma collectivité. J’ai fait une carrière dans la fonction publique territoriale donc je connaissais le processus de toute l’administration territoriale ", se souvient-il. "La ruralité je la connaissais au moment où je me suis présenté. Je suis originaire de zone rurale donc, à l’époque, il n’y avait aucune difficulté. En 10 ans les choses ont considérablement changé".

>> LIRE “Cahiers de doléances“ de la ruralité : ”Ces fractures, on n'a pas été capables de les résorber”

Guy Bergerault a vu l’administration se compliquer et les difficultés financières s’accentuer avec la baisse des dotations de l’Etat. Mais surtout, le maire de Châteaumeillant a assisté à la naissance des communautés de commune. Ces regroupements, le premier magistrat de Châteaumeillant y était favorable. Il dit même avoir été l’un des premiers à défendre leur création : "Il faut bien reconnaître qu’il faut mutualiser certaines choses. Sur un territoire, on a intérêt a se fédérer pour avoir une organisation cohérente".

Mais s’il est emballé par le principe, il déchante vite sur le fonctionnement. Pour lui, c’est l’Etat qui aurait dû en définir les zones, et non les élus : Un comble pour un maire ! : "On a assisté au copinage d’un certain nombre de communes qui se sont arrangées entre elles au détriment des autres." affirme-t'il, d’autant que les représentants des intercommunalités ne sont pas élus au suffrage universel.

"On a assisté au copinage d’un certain nombre de communes qui se sont arrangées entre elles au détriment des autres."


Conséquence : Alors que sur les 32 communes de « Berry grand-sud », Châteaumeillant est la plus importante et la mieux équipée en services, la ville n’est pas dans l’exécutif de l’intercommunalité. En d’autres termes : Aucun élu de Châteaumeillant ne siège dans l’intercommunalité.

Et c’est bien là tout le paradoxe de la situation. L’office de tourisme, la maison de services au public, les sports, la santé et les finances sont désormais gérés par les maires d’autres communes alors que ces services se trouvent sur le territoire de Châteaumeillant.

Alors naturellement, Guy Bergerault se sent dépossédé de ses fonctions de maire: "Aujourd’hui je me demande ce que je fais là! Je n’ai plus ma place et quelque part, c’est blessant et assez humiliant." regrette-t'il.. Même le siège de l’intercommunalité a été déplacé dans une autre commune,  comme un ultime symbole de la « mise au placard » de Châteaumeillant.

Résigné, Guy Bergerault ne se rend même plus aux réunions communautaires et tire de son second mandat, un bilan bien sombre mêlant frustration et sentiment de gâchis : "Si en 2014 j’avais pu prévoir comment ça allait se passer, je ne me serais pas représenté." regrette-t’il.

Alors non ! Guy Bergerault ne briguerait un troisième mandat pour rien au monde, mais continuera à jeter un oeil sur ce qu’il se passe à Châteaumeillant. Il souhaite à son successeur de pouvoir rétablir le contact avec l’intercommunalité et surtout d’y  "replacer Chateaumeillant à sa juste place".

 


Déplacez-vous sur la carte ci-dessus pour découvrir nos portraits des maires de la région.
 

 

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