Comment expliquer le départ de plus en plus tardif des jeunes de chez leurs parents ?

Les jeunes restent vivre chez leurs parents de plus en plus longtemps. La faute à un marché de l’immobilier aux prix trop élevés et à de faibles revenus. La région Centre-Val de Loire n'échappe pas à cette tendance nationale.

Ceux que l’on appelle "les Tanguy", en référence à un film de 2001 racontant l’histoire d’un homme toujours chez ses parents à 28 ans, sont de plus en plus nombreux. En 2020, selon une enquête de la Fondation Abbé Pierre, ils étaient près de cinq millions dans toute la France. Soit 250 000 personnes supplémentaires par rapport à la dernière enquête de 2013.

Dans la région Centre-Val de Loire, 144 600 vivaient chez leurs parents en 2020, selon l’Insee. 92 200 ont entre 18 et 24 ans, 28 400 ont entre 25 et 34 ans et 24 400 sont âgés de 35 ans ou plus. Sans surprise, les plus représentés sont les 18-24 ans, les enfants du baby-boom du début des années 2000.

Comment expliquer cette tendance ? 

Pourtant, on ne peut pas seulement expliquer ce phénomène par ce boum démographique. Les bas salaires et surtout l’accès au logement, avec des loyers très élevés, en sont surtout la cause.

De son côté, Pierre, 24 ans, a fait le choix de rester vivre chez ses parents, contraint par les lieux de ses études de paysagiste. "Au début, elles étaient sur Orléans. Après, je suis parti à Angers mais j’avais toujours mon entreprise à Orléans. Prendre deux logements m’aurait coûté trop cher donc je suis resté chez les parents. Puis c'était la même chose à Paris", explique-t-il.

Ensuite, après un voyage à Madagascar en fin d’année 2022, la fin de ses études et l’obtention d’un CDI, il a choisi d’acheter une maison à rénover dans le Loiret. "Pendant l'année de travaux qui s'achève, j'étais bien content de ne pas payer les courses et de pouvoir tout injecter dans les travaux, dans les meubles, etc", savoure Pierre, qui quittera donc sous peu la maison de ses parents. 

Un phénomène générationnel ?

À l'inverse, pour Théo, 23 ans, le départ du domicile familial il y a un an et demi a été quelque peu bousculé. "Mon père est un peu en mode vieille France. Mes parents ont fait comme ça, donc j'ai fait comme ça, donc toi, tu dois faire comme ça, c'est ce qu'il m'a toujours dit. À ton âge, j'étais déjà parti donc j'aimerais que tu fasses la même chose", résume Théo.

Ce n'était pas mon choix. Je pense que c'est un peu en lien avec notre génération, un petit peu flemmarde, d'avoir tout assez facilement, de choisir un petit peu la facilité.

Théo, 23 ans, à propos du départ du domicile de ses parents.

Dans un premier temps, la décision a été un petit peu difficile à accepter. "J'étais frustré, je ne me voyais pas partir tout de suite, j'avais eu mon CDI récemment. C'est notre génération qui est comme ça", poursuit l'homme de 23 ans. Après avoir accepté la décision, il s'est alors tourné vers la colocation avec un de ses amis "pour se responsabiliser, un entre-deux", poursuit-il. 

Qui sont les jeunes qui restent chez leurs parents ? 

En France, en 2020, la plupart des personnes hébergées chez leurs parents sont des étudiants (2,4 millions). Suivent ensuite, les travailleurs (1,3 million), les non-travailleurs (867 404) puis les étudiants en alternance ou en stage rémunéré (1,3 million). Notons d’ailleurs que le nombre de chômeurs vivant chez leurs parents est passé de 867 404 en 2013 à 587 986 en 2020, selon la fondation Abbé Pierre.

Le phénomène des "Tanguy" est d’ailleurs plus masculin que féminin. En France, 2,8 millions des personnes hébergées chez leurs parents sont des hommes contre 2,1 millions de femmes en 2020.

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