Coq, cloche, moissonneuse : la loi protège désormais les bruits de la campagne

Un engin agricole entouré d'une nuée d'oiseaux - Photo d'illustration / © MAXPPP
Un engin agricole entouré d'une nuée d'oiseaux - Photo d'illustration / © MAXPPP

Bonne nouvelle pour les ruraux, dans la bataille qui les oppose aux "néo-ruraux". Les députés veulent définir les bruits et les odeurs de la campagne, face à la multiplication des conflits judiciaires. 

Par Yacha Hajzler

"Sujet léger en apparence, voire amusant pour certains" reconnaît le rapporteur, mais très sérieux et surtout, très médiatique. L'Assemblée Nationale a adopté ce 30 janvier au matin la proposition de loi du député Pierre Morel-À-L'Huissier visant à "définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises". 
Patrimoine sensoriel ? Comprenez le son des cloches, le chant du coq, la routine des machines agricoles ou l'odeur de fumier. En bref, tout ce qui a la campagne peut vous passer par la bouche ou les oreilles. Des manifestations qui ne plaisent pas toujours aux "néo-ruraux", qu'ils soient des touristes ou des urbains reconvertis au vert. 

Symbole de ce conflit : le coq Maurice sur l'île d'Oléron, traîné en justice par les voisins de sa propriétaire pour son chant trop matinal près de la résidence de vacances. "La multiplication de ces conflits inquiète les maires ruraux, qui se trouvent pris à partie, à tel point que de nombreuses communes ont apposé un panneau à l’entrée de leur village conseillant aux visiteurs n’appréciant pas les odeurs et les bruits de la campagne de passer leur chemin" relève le député à l'origine de la proposition. 
Trois députées de la région étaient présentes pour le vote : Caroline Janvier (LREM), Laure de la Raudière (LR) et Sophie Auconie (UDI), dont le parti a initié la proposition. Toutes trois se sont exprimées en faveur de cet amendement, qui avait déjà fait l'objet d'une proposition de classement au patrimoine national

 

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