Coronavirus : la chasse aux fake news est ouverte en Centre-Val de Loire

Canulars, affabulations, intox racistes : les fausses informations concernant le coronavirus se répandent sur les réseaux sociaux. Et entraînent, dans la panique, des conséquences fâcheuses.
Le coronavirus a tué une centaine de personnes en Chine jusqu'à présent. Photo d'illusration
Le coronavirus a tué une centaine de personnes en Chine jusqu'à présent. Photo d'illusration © DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP
Qu'est-ce qui ressemble au coronavirus, qui se propage plus vite que le coronavirus mais qui n'est pas le coronavirus ? Evidemment : les fake news au sujet du coronavirus. Avant même l'annonce des quatre premiers (et pour l'instant, seuls) cas recensés en France, à Paris et Bordeaux, les fausses informations et les blagues douteuses se sont répandues à toute vitesse sur la Toile.

Dernière en date, une fausse capture d'écran du site de nos confrères de la République du Centre annonçait faussement trois cas au centre hospitalier régional d'Orléans. Du côté de Tours, une fausse alerte a également eu lieu ce samedi 25 janvier, après l'appel d'une passagère d'un train Paris-Bordeaux descendue à Saint-Pierre-des-Corps. Contactée par France 3, la préfecture de l'Indre-et-Loire a confirmé que le SAMU, les pompiers et la police avaient réagi immédiatement, et pu confirmer que la personne, souffrant de troubles psychologiques, avait inventé toute l'histoire.

 

Des remèdes pires que le mal ?

Plus grave, d'autres fake news attisent sans ambage le complotisme, voire le racisme sur les réseaux sociaux et dans la rue. Devant cette "libération de la parole raciste" à l'encontre des personnes d'origines asiatique, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus a été lancé sur Twitter pour dénoncer les amalgames. Des vidéos et des documents, prétendant pêle-mêle que le coronavirus a été créé en laboratoire, parfois avec l'aide de la France ou des États-Unis, ou que de la nourriture d'origine chinoise serait porteuse du virus se sont également propagées sur la Toile, souvent relayés avec ferveur par des pages et des comptes d'extrême-droite.

 
Amplifiée, parfois de façon abusive, par plusieurs médias, la crainte du coronavirus a provoqué des mesures de précautions parfois drastiques. A la demande du ministère de la Santé chinois et de l'université PISU de Pékin, deux étudiantes chinoises du campus Eurosity de Châteauroux sont confinées depuis le 26 janvier dans leurs studios de 18 mètres carrés avec l'interdiction d'ouvrir leurs fenêtres. Une mesure que Thierry Bonnier, le préfet de l'Indre, a jugé "inutile" et "un peu exagérée" lors de ses voeux à la presse. Les deux étudiantes étaient parties rejoindre leurs familles en Chine, du 20 au 26 janvier, à Pékin et Tianjin, deux villes éloignées de plus de 1000 km de Wuhan.

A l'heure actuelle, 4409 cas dont 107 mortels ont été détéctés en Chine, et quelques autres dans le reste du monde. A titre de comparaison, chaque année, la grippe saisonnière touche "2 à 8 millions de personnes en France" selon l'Institut Pasteur, "avec un excès de mortalité attribuable à la grippe de 10 000 à 15 000 décès". D'après l'agence publique américaine CDC (Center for Disease Control and Prevention), la plupart des personnes atteintes par ce nouveau coronavirus guériront d'elles-mêmes.
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