Coronavirus et maintien des Jeux Olympiques : que pensent les athlètes Centrais ? Comment ils s'y préparent ?

Dans le milieu sportif, c’est la question que tout le monde se pose. Les Jeux Olympiques de Tokyo (Japon) prévus du 24 juillet au 9 août auront-ils lieu ? A l’heure où nous écrivons cet article, la réponse est oui. 
© MAXPPP
C’est le rendez-vous quadriennal. Le graal pour un sportif. A la moindre sortie de la Ministre des Sports ou d’un membre du Comité International Olympique chaque athlète tend l’oreille pour tenter d'avoir des nouvelles.  
Aucune décision d’annulation ou de report n’a été annoncée pour l’instant mais le scepticisme grandit quant à la tenue de cette compétition. 
La question du maintien a été posée à Roxana Maracineanu par nos confrères de l’Equipe. La Ministre des Sports a clairement répondu que « le Japon et le CIO sont les seuls pilotes. Ma seule préoccupation est que la santé des sportifs soit préservée. »
Du côté des autorités nipponnes, c’est « inconcevable d’annuler ou de reporter l’événement ». 


Nous avons joint par téléphone Sarah Michel, arrière du Tango Bourges Basket et membre de l’Equipe de France de basket :

J’espère qu’ils vont être maintenus car ça fait maintenant longtemps que certains athlètes s’entraînent et aspirent à aller aux JO. Mais il ne faut pas non plus aller contre la santé des gens. S’ils sont maintenus c’est que tout sera rentré dans l’ordre. Si la situation est toujours comme elle est actuellement, il n’y aura aucun intérêt à les maintenir et prendre des risques inutiles. 


Elle ajoute : 

« Concernant l’Equipe de France, la préparation doit commencer après la saison en juin donc il y a encore du temps. Les préparateurs physiques et le staff médical sont à notre disposition si on a des questions, ou des besoins particuliers. »

Pour l’escrimeuse française, Cécilia Berder sociétaire du Cercle d’Escrime Orléanais :

A titre purement personnel, j’aimerais que ça soit maintenu car ça fait longtemps qu’on s’entraîne pour ça et ça ferait bizarre que ça soit reporté ou supprimé. Mais la priorité reste la santé de tous. Je ne suis pas une experte, on entend tout et son contraire ! Mais si demain on me dit c’est possible, on ira à fond. 


Sa coéquipière Manon Brunet a peur que ça soit annulé ou reporté : « J’ai envie d’y croire mais j’y crois de moins en moins. »

La gymnaste Kseniya Moustafaeva, licenciée à Bourges prépare la dernière saison de sa carrière. Elle espère pouvoir terminer sur les Jeux Olympiques à Tokyo. 

J’essaie de continuer à travailler sans lâcher prise et faire comme si ça allait se passer. Mes repères vont un peu partir mais j’espère parvenir à reprendre les entraînements en ayant perdu le moins possible. Pour l’instant on ne sait rien, on essaie juste de se maintenir en forme.


Des entraînements adaptés 


Pour certains, la difficulté est de maintenir l’entraînement. Pour rester en forme et être dans la continuité de la saison, les athlètes tentent de continuer leurs programmes, comme ils peuvent et avec les moyens dont ils disposent. 

Pour la basketteuse Sarah Michel :  

« J’ai la chance d’avoir un jardin et de pouvoir faire mes exercices. J’habite à côté d’une forêt où je peux aussi aller courir donc je peux encore m’entraîner mais tout le monde n’a pas cette chance. J’espère que cela va s’arranger rapidement. On s’adapte au fur et à mesure, en fonction de l’avancé des évènements. »
 
Matériel d'entraînement de la basketteuse Berruyère Sarah Michel pendant le confinement
Matériel d'entraînement de la basketteuse Berruyère Sarah Michel pendant le confinement © Sarah Michel


La gymnaste Kseniya Moustafaeva propose des "live" tous les jours sur son compte Instagram. Des exercices de renforcement que chacun peut faire chez soi pour « se motiver ensemble. ». Pour l’instant elle se contente de faire du renforcement tous les jours sans pouvoir travailler sur les engins. Elle attend son vélo pour pouvoir en faire en extérieur, à défaut de courir à cause d’une blessure au pied. 
 
La gymnaste Kseniya Moustafaeva propose des entraînements en direct sur les réseaux sociaux tous les jours pendant le confinement
La gymnaste Kseniya Moustafaeva propose des entraînements en direct sur les réseaux sociaux tous les jours pendant le confinement © Kseniya Moustafaeva

Pour la championne d’escrime Cécilia Berder, c’est le moyen de faire autre chose. Avoir moins d’apport physique mais un meilleur apport mental. « Je médite, je fais du yoga, et je trouve incroyable cette solidarité qui se forme pour trouver d’autres moyens de s’entraîner. » Elle prend du temps pour elle, pour lire. 
« On ne va pas se mentir, le premier jour ça a été dur quand on m’a dit tu ne viens plus t’entraîner, j’ai perdu pied car c’est ma raison de vivre mais maintenant j’ai accepté et ça va beaucoup mieux. Dans ma tête je suis partie pour un mois. »
 
L'escrimeuse Cécilia Berder s'entraîne chez elle pendant le confinement
L'escrimeuse Cécilia Berder s'entraîne chez elle pendant le confinement


Manon Brunet a pris un peu de recul et s’est envolée pour la Réunion : 

« On est quatre à la Réunion, pour l’instant on vit un peu nos vacances. On a la piscine, il fait beau, du coup on vit mieux le confinement. On se laisse une semaine de repos et on va reprendre la préparation physique sur la terrasse. On a des amis préparateurs physiques qui nous ont envoyé des programmes. »

#RestezChezVousChallenge


La consigne de « rester chez soi » est plutôt bien respectée chez les sportifs. Certains prennent part au challenge #RestezChezVous lancé par les soignants d’hôpitaux sur les réseaux sociaux. Un concept devenu rapidement virale chez les sportifs. 
La handballeuse internationale Alexandra Lacraber licenciée au Fleury Loiret Handball a posté sa photo via Instagram. 
 
La handballeuse Alexandra Lacrabère participe au challenge #RestezChezVous
La handballeuse Alexandra Lacrabère participe au challenge #RestezChezVous © Instagram Alexandra Lacrabère


Le confinement est pour l’instant prévu pour quinze jours minimum. Les Jeux Olympiques sont censés débuter dans quatre mois. Quatre mois pour évaluer tous les facteurs et prendre une décision. Nul doute qu’un report ou une annulation aurait l’effet d’une bombe dans le milieu sportif. Tokyo pourrait, une fois encore, voir filer les Jeux. Comme en 1940, pendant la seconde guerre mondiale. Mais le Président de la République Emmanuel Macron l’a dit lui-même « nous sommes en guerre. »
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