Cuisine : quand la crise du logement fait chuter les ventes

La crise profonde que connaît le secteur de l’immobilier impacte de nombreux acteurs. Parmi eux, les cuisinistes. Les ventes de cuisines ont connu une baisse de 6,9% en 2023, selon l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement.

Il s’agit de la pièce préférée pour 87% des Français, et pourtant quand le secteur de l’immobilier vacille, la crise s’invite jusque dans les cuisines. Selon l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement (IPEA), l’an dernier les cuisinistes ont connu une chute de 6,9% en 2023 de leurs ventes. En cause ? La crise du logement. Particulièrement inquiétante dans la région Centre-Val de Loire. D’après la Fédération des promoteurs immobiliers, le nombre de mises en chantier a baissé de 27%. Moins de logements neufs, donc moins de clients.

Installé à Olivet (Loiret) et ouvert depuis décembre 2023, Xavier Boudringhin est le co-dirigeant de la nouvelle boutique Mobalpa (spécialisé dans les cuisines équipées et l’ameublement sur mesure). Lorsqu’on évoque son carnet de commandes, les choses évoluent.

En temps normal, les chantiers de rénovation et le neuf, c’est 50/50. Avec la crise on fait beaucoup plus de rénovation. On ne vit pas de façon compartimentée, la crise de l’immobilier nous impacte aussi.  

Xavier Boudringhin, co-gérant de Mobalpa à Olivet

Si aujourd’hui le secteur est en berne, il faut rappeler que les chiffres étaient euphoriques durant la pandémie. Selon l’IPEA, les ventes de cuisines en France ont augmenté de 19,5% en 2021. Et lorsqu’un particulier s’équipe, la cuisine est conservée près d’une vingtaine d’années.

Surconsommation ou baisse réelle ? 

Les difficultés actuelles se ressentent dans tous les portefeuilles, des moins aux mieux garnis. Si les budgets moyens d’une cuisine équipée se situent entre 5 000 et 10 000 euros en moyenne, le luxe connaît aussi un ralentissement. À Orléans (Loiret), le cuisiniste Bulthaup est sur un segment où la marque affiche des cuisines entre 60 000 et 80 000 euros. Pour le dirigeant de la boutique, Manuel Teixeira, le premier trimestre 2024 connaît un recul.

Les matières premières ont pris 3% d’augmentation, mais ce n’est pas le problème. Nos clients attendent pour investir, regardent le marché immobilier, et donc achètent moins de cuisines.

Manuel Teixeira, dirigeant de Bulthaup à Orléans

Si les chiffres inquiètent les professionnels, lorsque les Français sont interrogés leurs intentions d’achats diffèrent. D’après une enquête de Sofinco, publiée en janvier, plus de 3 millions de ménages envisagent l’achat d’une cuisine intégrée. Soit une hausse de 0,6%.