Déconfinement : ce que les élus du Centre-Val de Loire pensent du plan annoncé par Edouard Philippe

Les précisions sur le plan de déconfinement étaient très attendues. Ce 28 avril, Edouard Philippe a dévoilé la stratégie devant l’Assemblée nationale. Des annonces qui ont plus ou moins satisfait les élus de la région.

Edouard Philippe s'est exprimé devant les députés de l'Assemblée nationale mardi 28 avril.
Edouard Philippe s'est exprimé devant les députés de l'Assemblée nationale mardi 28 avril. © David NIVIERE / POOL / AFP
Éducation, culture, départements classés "rouge" ou "vert"... Edouard Philippe a précisé devant les députés de l’Assemblée nationale les contours du déconfinement et comment va s'organiser la vie à partir du 11 mai. En Centre-Val de Loire, les élus réagissent aux annonces du Premier ministre.
 


La réouverture des écoles

Les modalités de la réouverture des établissements scolaires étaient particulièrement attendues par nombre d’élus locaux depuis l’annonce de la reprise le 11 mai. Le Premier ministre a notamment annoncé que les écoles primaires et maternelles rouvriront sur la base du volontariat à partir du 11 mai, les collèges à partir du 18 mai (6e et 5e en premier), et les crèches par petits groupes de dix. La décision pour les lycées sera prise fin mai.
 
S’il juge “satisfaisante” la précision du calendrier, le maire de Blois Marc Gricourt attend plus de précisions et de soutien de la part de l’État. “Pour nous les maires, comment s’organiser quand on atteindra un nombre supérieur de 15 élèves ? Comment s’organisera la restauration scolaire et le périscolaire ?”, se demande l’élu. En revanche, Edouard Philippe a répondu à la question des masques : les collégiens devront en porter, ainsi que tous les enseignants et encadrants, quand ils ne pourront pas respecter les règles de distanciation. Une interrogation régulièrement remontée aux oreilles de John Billard, président de l’Association des maires ruraux d’Eure-et-Loir. C’est avec “satisfaction” que le maire de Le Favril, commune de 365 habitants, accueille notamment l’annonce de la prise en charge à 50 % des masques par l’État. “Dans les petites communes et les petits groupes scolaires, ces masques représentent un coût non négligeable”, remonte l’élu.
 
André Laignel, maire d'Issoudun (Indre) et vice-président de l'Association des maires de France, est lui plus catégorique. “Son discours n’a apporté aucun élément nouveau pour rassurer les parents d’élèves, les enseignants, les maires et leurs équipes municipales.” L’élu ne cache pas sa colère : “Comment pouvons-nous être en capacité de préparer la rentrée du 11 mai alors qu’on ne connaîtra la carte des départements verts et rouges seulement 4 jours avant ?”
   

Département rouge ou vert 

Car, le 7 mai, le Gouvernement doit annoncer les indicateurs déterminant deux catégories de départements : ceux qui basculeront dans la catégorie rouge, où la circulation du virus est encore élevée, et ceux en catégorie verte, où la circulation du virus est limitée. À chaque département, un plan adapté. Le maire de Châteauroux Gil Avérous salue la "confiance accordée aux couples préfet/maires" qui, selon lui, est le "meilleur gage d'efficacité".

Une stratégie de déconfinement “logique et qui a du sens” pour le président de l'Association des maires ruraux d'Eure-et-Loir, John Billard :“C’est un système plus juste pour les zones rurales, qui semblent moins touchées par le virus. En revanche, il faudra rester prudent : un département vert peut vite basculer dans le rouge.”
 
Un plan “relativement simple et suffisamment souple” pour Christophe Bouchet, maire de Tours, qui trouve les mesures annoncées “cohérentes”. “Si la sanction avait été régionale, cela aurait été compliqué pour Tours et l’Indre-et-Loire”, analyse l’élu. “Mais à l’échelle du département, on a une course du virus qui est faible pour le moment, avec une tendance plus proche du Maine-et-Loir à l'ouest que de l’Eure-et-Loir et du Loiret.”
 
Le choix de l’échelle départementale plutôt que régionale est également saluée par Jean-Gérard Paumier, président (LR) du conseil départemental d'Indre-et-Loire. “C’est une satisfaction et une juste reconnaissance”, dit-il, avant de préciser : “Seuls 244 000 masques ont été fournis par l’État dans les établissements médico-sociaux du département. Le conseil départemental en a fourni près du double, soit 429 000… Où en serait-on s’il n’y avait pas eu cette dotation volontaire de la collectivité départementale ?” 
  

"La question se pose pour les châteaux"

Autre thème qui aura retenu l’attention des élus locaux, la culture. Médiathèques, bibliothèques et petits musées pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai. En revanche, les grands musées qui attirent de nombreux visiteurs resteront fermés. “Quid du château royal de Blois ?”, questionne Marc Gricourt. Propriété de la ville, la fermeture du site engendre des pertes à hauteur de “450 000 à 500 000 euros de recettes par mois”, complète le maire. “La question se pose aussi pour les châteaux de Chambord et de Chaumont, ou encore le zoo de Beauval. Il y a un réel manque de précisions !”
 
Même constat pour le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire Jean-Gérard Paumier qui regrette "qu’aucun mot n’ait été prononcé à l'égard du secteur touristique"
 

Villandry, Azay-le-Rideau, Amboise, Chenonceau Loches, Chinon… Ce sont des sites que l’on peut faire visiter tout en imposant le respect de gestes barrières stricts. Si on ne rouvre pas rapidement, c’est un secteur qui représente 10 000 emplois dans le département qui sera en danger !
Jean-Gérard Paumier, président du conseil départemental d'Indre-et-Loire

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