E-sport : la région Centre se positionne pour peser dans le game

Un participant à la dernière DreamHack de Tours, en mai 2017. / © Dreamhack France - Page Facebook
Un participant à la dernière DreamHack de Tours, en mai 2017. / © Dreamhack France - Page Facebook

Pour Jean-Christophe Arnaud, directeur de Dreamhack France, la région a le potentiel pour devenir un vrai pôle du sport électronique. 

Par Yacha Hajzler

Il y a quelques jours, le Syndicat National du Jeu Vidéo a rendu public son dernier baromètre annuel du jeu vidéo. Entre autres thématiques est abordée celle de l'e-sport, ou sport électronique, des compétitions de jeu vidéo via des réseaux locaux ou sur internet. La discipline compte désormais des athlètes professionnels, qui s'entraînent plusieurs heures par jour et gagnent leur vie grâce aux compétitions. 

La SNJV note en France un "engouement modéré" du côté de la production de jeux consacrés à l'E-sport. Pourtant, la discipline rencontre un succès grandissant auprès du public et commence à être vue comme un secteur porteur.

La région Centre a lancé en septembre une étude "pour identifier et cartographier les acteurs régionaux qui participent, ou seront amenés à participer, à ce nouvel écosystème.", qualifiant l'e-sport "d'activité économique prometteuse." 

Tours, capitale de l'e-sport ?


France 3 s'est entretenu avec Jean-Christophe Arnaud, président de DreamHack France. L'entreprise organise à Tours depuis plusieurs années l'immense événement digital du même nom, célèbre notamment pour ses tournois d'E-sport. 

  • Est-ce qu'il y a un terreau dans la région pour l'e-sport ? 

"De la même façon qu'Angoulême est la capitale de la BD, nous, on souhaiterait que Tours soit la capitale de l'e-sport en France." Le ton est donné, et les paris lancés. Pour Jean-Christophe Arnaud, pas question de délocaliser : l'e-sport, ce sera ici, même si on lui a proposé parfois "des ponts en or pour déménager la Dreamhack, par exemple."

"On a déjà des entreprises dédiée à l'e-sport parmi les plus grosses de France, c'est une bonne base" 
ajoute celui qui sur les réseaux se présente comme un "Gaming evangelist"

L'e-sport : un tissu régional déjà dense - Infographie réalisée sur la base des déclarations de J.C Arnaud. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
L'e-sport : un tissu régional déjà dense - Infographie réalisée sur la base des déclarations de J.C Arnaud. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL


  • Quand on entend parler d'investir dans l'e-sport, concrètement, on investit dans quoi ? 
"Cela peut prendre beaucoup de formes, ça dépend de l'acteur auquel on s'intéresse. Pour une entreprise, ça peut être de constituer une équipe, pour un éditeur de développer des jeux dédiés en studio, une agence de conseil pourrait décider de se consacrer à aider les investisseurs extérieurs qui veulent arriver sur ce marché... 

On peut aussi commencer à réfléchir en amont. Créer un cursus dédié à l'e-sport sur le modèle d'une formation sport-études serait une piste. D'autant que l'e-sport fait intervenir toute une gamme de métiers : casteur, cadreur, masseur, coach, commercial... Il y a des formules à imaginer. Si on veut créer un bassin pour l'e-sport, il faut créer tout l'écosystème"


  • Quels avantages y a-t-il à investir dans l'e-sport ?
"C'est un secteur très porteur. Avec les nuitées, la restauration, la DreamHack rapporte à Tours autant qu'une étape du Tour de France. Un exemple marquant : la dernière fois que la ville a accueilli l'événement, le MacDonalds de Tours a fait le meilleur chiffre d'affaires depuis que la firme s'est installée en France.* 

Mais attention au cliché ! Les gamers sont un public très ouverts, issus souvent du milieu CSP+ et avides de cultures. Ils aiment le cinéma, les livres... En les attirant, on crée des retombées vers d'autres secteurs."


  • Les efforts de la région s'inscrivent-ils dans une dynamique nationale ? 
"Bien sûr, la loi de 2016 pour une République numérique allait dans ce sens, en faisant par exemple en sorte que le statut des joueurs évolue (ils peuvent maintenant bénéficier des CDD spécifiques réservés aux sportifs, ndlr).

Mais la région Centre est la toute première à s'impliquer de cette manière en faveur de l'e-sport. L'étude en cours a été faite de manière très sérieuse, sur un échantillon de plus de mille personnes et mené par un cabinet spécialisé. De même pour la métropole ou même la ville de Tours, avec qui on discute pour pérénniser la DreamHack : les enjeux ont vraiment été compris."


Anatomie du gamer régional​

Si l'étude menée par la région n'est pas encore terminée, France 3 a pu avoir accès aux informations qui permettent de dessiner le profil type du gamer de chez nous, loin des clichés du genre. 

La région a interrogé les amateurs d'e-sport sur leur âge, leurs centres d'intérêts... / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
La région a interrogé les amateurs d'e-sport sur leur âge, leurs centres d'intérêts... / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL


Sur le même sujet

Formation Google : pour faire du numérique un moteur de réussite

Près de chez vous

Les + Lus

Les + Partagés