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Epidémie de grippe : l'ARS renouvelle ses recommandations de prévention

Une vaccination contre la grippe, en octobre 2016 (Illustration). / © MaxPPP
Une vaccination contre la grippe, en octobre 2016 (Illustration). / © MaxPPP

L'épidémie de grippe a été qualifiée d'"intense" par la ministre de la Santé, Marisol Touraine et elle n'a, selon elle, pas encore atteint son "pic".

Par Cl.M. (avec AFP)

L'épidémie de grippe saisonnière se révèle particulièrement "intense" cette année, selon la ministre de la Santé Marisol Touraine. Et elle n'a pas "encore atteint son pic"!

La conséquence directe, note la ministre, est "qu'il y a toujours plus de personnes qui tombent malades".

Virus H3N2

L'épidémie actuelle est due au virus A, H3N2, cousin de celui qui avait contribué il y a deux ans à une surmortalité de 18.000 personnes. Il est jugé "particulièrement dangereux pour les sujets fragiles. Dès qu'il a été identifié, nous avons su que l'impact serait fort" sur les personnes âgées, explique l'épidémiologiste Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires et vaccination à Santé Publique France. 
Aux Urgences d'un hôpital de Nancy, le 4 janvier 2017 : l'Est de la France est particulièrement touché par l'épidémie de grippe. / © MaxPPP
Aux Urgences d'un hôpital de Nancy, le 4 janvier 2017 : l'Est de la France est particulièrement touché par l'épidémie de grippe. / © MaxPPP
Le H3N2 ne va généralement pas attaquer directement les poumons comme le ferait le H1N1, il va plutôt générer des complications chez les personnes affaiblies. Cela peut passer par une surinfection bactérienne, ou précipiter l'évolution de pathologies (insuffisances cardiaques, respiratoires ou même diabètes). Ainsi, depuis le début de l'épidémie en décembre, "le nombre de cas n'est pas exceptionnel, mais la proportion de malades hospitalisés plus grande", explique Dr Levy-Bruhl.

Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Ile-de-France sont les plus touchées.

Les recommandations

La direction générale de la Santé (DGS), via les agences régionales de Santé (ARS) renouvelle ses recommandations :

► Évitez les contacts rapprochés avec une personne atteinte de grippe, en particulier si vous êtes âgé de plus de 65 ans, porteur d’une maladie chronique ou enceinte
► Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon, ou avec une solution hydro- alcoolique
► Couvrez-vous la bouche et le nez en cas de toux et d’éternuement
► Utilisez des mouchoirs en papier à usage unique et jetez-les
► Si vous avez des signes de grippe (fièvre, toux, courbatures, fatigue…), contactez votre médecin traitant.


13 morts dans une maison de retraite

La grippe a tué 13 résidents d'une maison de retraite lyonnaise depuis le 23 décembre. Marisol Touraine a qualifié la situation dans cette maison de retraite, de "très exceptionnelle".

"Le taux de vaccination dans les maisons de retraite des personnes résidentes est de l'ordre de 80%, y compris dans le groupe Korian auquel appartient cette maison de retraite. Il était, semble-t-il inférieur à 40% dans cette maison de retraite, il faudra donc comprendre pourquoi", a-t-elle ajouté, rappelant qu'une enquête est en cours.
L'Ehpad Korian Berthelot où 13 résidents sont morts de la grippe pendant les vacances de Noël. / © MaxPPP
L'Ehpad Korian Berthelot où 13 résidents sont morts de la grippe pendant les vacances de Noël. / © MaxPPP
L'épidémie de grippe saisonnière, due à un virus très contagieux, dure en moyenne neuf semaines, selon les données historiques du réseau de surveillance Sentinelles depuis 1984. Mais en 2009-2010 elle s'était étendue sur 16 semaines. L'hiver dernier elle avait touché environ 3 millions de personnes au total.

Quel rôle pour la vaccination?

Elle reste la première recommandation, assurent les experts et le ministère. Dans les collectivités de personnes âgées, "un objectif de vaccination d'au moins 75% des résidents est fortement recommandé", a rappelé dimanche la Direction générale de la santé dans un communiqué.
Une injection de vaccin contre la grippe (Illustration, archives 2015) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Une injection de vaccin contre la grippe (Illustration, archives 2015) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
169 foyers d'infections ont été observés dans des collectivités de personnes âgées, un chiffre en augmentation depuis deux semaines, selon Santé Publique France. Les plus de 80 ans représentant 63% des hospitalisations pour grippe. L'État a rappelé samedi et dimanche les préconisations aux institutions chargées d'accueillir des seniors: renforcer l'hygiène, généraliser les "mesures barrière" (masques...), réduire les contacts avec les personnes malades, limiter les déplacements dans l'établissement.

Laurent Toubiana, chercheur à l'Inserm, relève aussi qu'après une année plus calme, "un événement stressant" l'année suivante "peut provoquer un nombre inhabituel de décès" parmi les personnes fragiles.

Pour Korian, l'explication tient à une multitude de facteurs : une région très affectée, des victimes déjà malades et très âgées - 91 ans et demi en moyenne, 102 ans pour la doyenne. Et aussi la difficulté à faire appliquer des mesures de confinement à des patients atteints par exemple de maladie d'Alzheimer.

Dépêché à l'Ehpad Berthelot vendredi, le Directeur général de la santé "a constaté que, à cette date, les mesures de prévention étaient bien en place". Un rapport d'étape de l'Inspection est attendu sous dix jours. Mais au-delà des Ehpad, les précautions s'imposent à l'entourage, voire à tous, souligne le Dr Levy-Bruhl.

Comme porter un masque quand on est malade, "même si ce n'est pas facilement accepté dans nos sociétés". Et penser à se vacciner, "pour protéger les autres", "un geste citoyen."

Comment gérer la grippe en maison de retraite ?
Intervenants : Roger Fredet, résident ; Delphine Meziere, infirmière ; Sylvie Phlipotteau, directrice EPHAD "Petit Pierre". Equipe : TEXIER Flavien, HEUDES Alain et GUEDES Alexis

 

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