Coronavirus : l’hôpital de Chartres ferme une unité de Covid-19 et prépare "le jour d’après"

A l’hôpital Pasteur de Chartres (Eure-et-Loir), l’une des quatre unités destinées à l’hospitalisation des personnes atteintes du coronavirus a fermé, du fait de la baisse du nombre de patients. Elle vient d’être décontaminée et va retourner au service de chirurgie viscérale.

Une équipe de bio-nettoyage a mis 3 jours pour décontaminer 18 chambres qui accueillaient des patients atteints du Covid-19, à l'hôpital Pasteur de Chartres.
Une équipe de bio-nettoyage a mis 3 jours pour décontaminer 18 chambres qui accueillaient des patients atteints du Covid-19, à l'hôpital Pasteur de Chartres. © Yvon Le Tilly / Hôpitaux de Chartres
Ce vendredi 24 avril, 40 patients atteints du Covid-19 ou suspectés de l’être sont hospitalisés dans quatre unités dédiées de l’hôpital Pasteur de Chartres. Un chiffre en baisse depuis plusieurs jours.

"Depuis plusieurs jours, on constate une décroissance du nombre de patients hospitalisés en lien avec la pandémie, donc la décision a été prise collégialement de fermer cette semaine l'une des unités", explique le directeur adjoint Yvon Le Tilly.

Qui dit fermeture d’une unité Covid-19 dit procédure de décontamination particulière. Dans un premier temps, les agents de service hospitalier ont désinfecté les chambres de cette unité à l’aide de produits chimiques.

2h30 pour désinfecter une chambre

Puis, de mercredi à vendredi, est intervenue une seconde équipe constituée de quatre personnes du service intérieur de l’entretien des locaux (SIEL) des Hôpitaux de Chartres.

En temps normal, ce service prend en charge le nettoyage des parties communes et intervient pendant les fermetures d’été pour de l’entretien approfondi.

"L’équipe est intervenue avec des appareils à vapeur spécifiques", détaille Barbara Acedo, la responsable du SIEL.  Murs, plafonds, placards, "on va vraiment partout pour détruire le virus", explique-t-elle.
 
Un travail qui dure 2h30 par chambre : "Il faut passer l’appareil très doucement pour que la chaleur fasse effet. C’est fastidieux, il fait chaud et humide, l’appareil est porté à bout de bras", souffle-t-elle.

Du peroxyde d'hydrogène pour les interstices

Mais la tâche ne s’arrête pas là, comme le raconte la responsable du SIEL : "Une fois que la chambre a été nettoyée à la vapeur, on dépose un système d’aérosol qui va envoyer du peroxyde d’hydrogène dans toute la pièce, qui va aller dans tous les petits coins et les interstices des murs qu’on aurait pu manquer en passant à la vapeur."

Pour réussir ce bio-nettoyage bien particulier, "les quatre personnes de l’équipe ont été formées à l’habillage / déshabillage pour pouvoir intervenir dans des zones Covid, pour se protéger elles, tout d’abord", précise-t-elle
 
Quatre personnes ont été formées pour utiliser le matériel spécifique de décontamination dans les unités Covid-19.
Quatre personnes ont été formées pour utiliser le matériel spécifique de décontamination dans les unités Covid-19. © Yvon Le Tilly / Hôpitaux de Chartres

Achat de matériel spécifique de décontamination 

L’établissement hospitalier a par ailleurs acheté des appareils et des aérosols spécifiques pour la décontamination, qui ont nécessité une formation. C’est d’abord Barbara Acedo qui a appris, par téléphone et par le biais de vidéos sur Internet, comment utiliser ce matériel avant de former les quatre personnes qui interviennent sur le terrain.

Le but, c’est que le patient revienne en toute confiance à l’hôpital et qu’il se sente vraiment en sécurité quand il arrive.


Il a fallu trois jours pour nettoyer les 18 chambres de cette désormais ex-unité Covid-19 qui va retourner à sa fonction habituelle : accueillir des patients du service de chirurgie viscérale.

Fermeture progressive des autres unités

Sur les trois unités encore actives, il reste ce vendredi 11 lits de disponibles, d’après la direction de l’hôpital.

Celle-ci se prépare à ce qu’elle appelle "le jour d’après" : "On va progressivement fermer les autres unités, mais la prudence est de règle, nuance Yvon Le Tilly. Si nécessité fait loi, on se réadaptera dans le sens inverse."

Si le gouvernement a en effet annoncé la sortie du confinement le 11 mai prochain, les personnels soignants n’écartent pas du tout la possibilité d'une seconde vague d’hospitalisation de patients contaminés par le coronavirus.
 
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