Eure-et-Loir : que va devenir l’ex-base aérienne de Châteaudun ?

L’ancienne base aérienne de Châteaudun fermera définitivement ses portes à la fin de l’année. Pour reconvertir ces 450 hectares, les projets ne manquent pas. Centrale photovoltaïque, aérodrome civil ou parc logistique… Tour d’horizon non exhaustif des projets.

L'ex-base aérienne de Châteaudun fermera ses portes en 2021.
L'ex-base aérienne de Châteaudun fermera ses portes en 2021. © France Télévisions

450 hectares, c’est environ 630 terrains de football, ou encore la superficie de Montargis. C'est surtout la taille de l'ex-base aérienne de Châteaudun qui fermera définitivement ses portes fin 2021. Le terrain sera alors cédé à la communauté de communes du Grand Châteaudun qui réfléchit déjà à la transformation du lieu.

D’ores et déjà, entre 100 et 150 hectares resteront entièrement dédiés à la protection de la biodiversité. "On va passer une convention avec le conservatoire du patrimoine, parce qu'on a des espèces de papillons extraordinaires, notamment une sur ce site", se félicite Philippe Vigier, député d'Eure-et-Loir. 

Pour le reste, rien n'est encore formellement lancé. L'idée de circuit automobile sur 60 hectares a définitivement été écarté, mais plusieurs autres sont sur la table.

Un projet de centrale photovoltaïque

Le projet le plus avancé est celui de la centrale photovoltaïque. La communauté de communes a donné son accord sur le principe d’une implantation, et EDF Renouvelables a remporté l’appel à projets. D'après les délibérations du conseil communautaire de décembre dernir, l’entreprise a commencé à monter son dossier de permis de construire.

L’objectif de cette ferme solaire est de produire 100 mégawatts sur 95 hectares, de quoi alimenter en électricité près de 50.000 habitants. Surtout, ce parc représenterait une source de revenus importante : entre le loyer et les impôts, le Grand Châteaudun percevrait près d’un million d’euros par an.

La mise en service ne devrait cependant pas intervenir avant 2025, dans le cas où le projet se concrétise et soit mené à son terme, ce qui n'est pas encore fait. Les négociations entre le porteur de projets et la communauté de communes sont toujours en cours.

"Les conditions, c'est-à-dire l'acquisition du terrain, le montant des redevances, et les projets collatéraux pour donner un coup de booster aux entreprises locales, ne sont pas encore signées à l'heure où je vous parle", s'impatiente Philippe Vigier. 

Divisions politiques sur la plateforme logistique

Le député suit un autre projet de près depuis plusieurs mois : celui d'un centre de distribution et de logistique. Une société spécialisée dans le développement de projets logistiques souhaite en effet acquérir 45 hectares sur l'ex-base aérienne, d’après L’Echo Républicain.

"C'est un projet extraordinaire, assure Philippe Vigier. Quand on a la chance d'avoir une entreprise qui est pourvoyeuse de 800 à 900 emplois, il faut tendre la main, surtout si le territoire en a besoin". Quant à la pérennité des emplois, il fait le parallèle avec l'agglomération d'Orléans qui fait partie des cinq plus grands centres de logistique en France.

Fabien Verdier, maire de Châteaudun et président de la communauté de communes, affiche quant à lui quelques réserves face à cette offre. Il assure que celle-ci sera étudiée, mais il craint que ce type d’entreprises ne se délocalise dans quelques années. 

Je ne me résous pas à ce que l’Eure-et-Loir soit le Mexique de l’Ile-de-France. Il faut monter en gamme.

Fabien Verdier, président du Grand Châteaudun

"On doit attirer de l’aéronautique, de la cosmétique, c’est-à-dire des secteurs à haute valeur ajoutée." Surtout, il ne veut pas "brader" les hectares : "le foncier c’est ce qu’il y a de plus précieux. Dreux n’en a plus trop, Chartres non plus."

Revivisco, Châteaudun 2030

Fabien Verdier défend surtout un projet, baptisé Revivisco Châteaudun 2030. "C’est un désenclavement global porté par des chefs d’entreprises du Loiret, d’Eure-et-Loir, présente-t-il. Avec comme levier, la plateforme aéronautique."

Concrètement, il souhaite convertir la base militaire en un aérodrome civil. "Un petit, précise le maire. Pour des vols d’affaires, des petits avions, des drones". Qui dit prendre l’avion dit aussi pouvoir y accéder facilement. Un autre aspect consiste donc à améliorer l’accès routier en transformant la RD 955 en une "2x2 voies avec terre-plein central", détaille-t-il.

L’objectif pour lui est d’être dans le futur à 2 heures de toutes les capitales européennes. Une transformation qui n'est pas pour tout de suite : "ça prendra 10 ou 20 ans".

"L'aviation d'affaires peut fonctionner mais rien n'est avancé là-dessus, nuance Philippe Vigier. Et il faut avoir beaucoup de réseaux d'entreprises".

Les deux élus locaux s'accordent cependant sur un point : conserver la maintenance aéronautique en l'adaptant au civil ; et transformer une partie du site en un centre de formation pour les pilotes, stewards et autres métiers de l'aviation. 

Un musée d'avions

Enfin, il y a le conservatoire Canopée. Alors que son avenir semblait incertain, "la ministre m’a appelé pour me dire que Canopée reste à Châteaudun", se réjouit Fabien Verdier. "C'est la plus belle collection d'avions de France". Mais le Grand Châteaudun réfléchit à agrandir le site et "le dynamiser avec un simulateur".

Pour le moment, la communauté de communes doit encore patienter avant de vraiment se lancer : le ministère des Armées est toujours propriétaire de l’ancienne base aérienne jusqu'à la fin de l'année.

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