Contre la propagation de la Covid-19, une société d’Eure-et-Loir crée un scanner sans contact 100% local (ou presque)

Depuis le début de la crise sanitaire, un entrepreneur eurélien multiplie les dispositifs de protection pour les commerces et administrations. Sa dernière invention en date : un scanner sans contact, fabriqué essentiellement sur le bassin de Dreux pour pallier la désertification industrielle.
Ce modèle de scanner est l'un des prototypes, créé par la société Ertel de Vernouillet, et modifié depuis.
Ce modèle de scanner est l'un des prototypes, créé par la société Ertel de Vernouillet, et modifié depuis. © Christelle Bouron / Auto-école Blanchard
L’idée est partie d’une demande de la clinique de Mainvilliers en avril dernier, lors de la première vague de coronavirus. "Elle souhaitait un scanner sans contact, pour sécuriser l’échange de documents entre les patients et le personnel de l’établissement", raconte Laurent Loiselet, gérant d’un bureau d’études et de conception spécialisé dans la mécanique de précision.

"On trouvait plein de solutions à partir d’un téléphone, d’une webcam, mais pour moi il n’y avait rien de sécurisé au niveau informatique et de la décontamination", poursuit-il. Il décide alors de concevoir lui-même le scanner avec ses équipes et de le fabriquer localement, dans le bassin de Dreux où se situe sa propre société.
 

Notre agglomération est fortement impactée économiquement et nous avons pris le parti de concevoir et d’industrialiser ce produit sur notre territoire afin de pallier à notre échelle cette désertification.

Laurent Loiselet


Le concepteur crée donc un partenariat avec six entreprises locales : mis à part le cartonnier, "les sous-traitants sont à 15/20 km maximum de Dreux". Il veille aussi à l’origine des composants qui viennent pour la plupart de France et d’Europe. Mais il le reconnaît : certains éléments comme les alimentations électriques sont fabriqués essentiellement en Chine.
 

En quoi consiste ce scanner ?

Il s’agit d’un plateau sans rabat ni protection sur lequel on pose directement un papier ou un objet. Commandée par ordinateur, la caméra située au-dessus du plateau scanne le document qui est donc numérisé et stocké dans le PC.  

L’appareil a été conçu en inox et aluminium pour être désinfecté régulièrement sans que cela nuise à ses performances.
 
De taille d'une feuille A4, ce modèle de scanner est l'un des prototypes, créé par la société Ertel cet été et modifié depuis.
De taille d'une feuille A4, ce modèle de scanner est l'un des prototypes, créé par la société Ertel cet été et modifié depuis. © Christelle Bouron / Auto-école Blanchard


Pour avoir des retours de son utilisation en conditions réelles, un prototype a été installé dans une auto-école de Dreux. Christelle Bouron, assistante administrative et commerciale, l’utilise depuis le mois de septembre. Elle en est très satisfaite du point de vue sanitair, car elle n’a plus besoin de toucher les documents, ni l'appareil.

"Vous pouvez scanner un document dans l’immédiat, et on peut améliorer la qualité de l’image", liste-t-elle. Mais elle ne s’en sert pas quotidiennement : "on a parfois besoin d’un scanner qui débite un flux important. Ce n’est pas le cas de celui-là."
 

Des données cryptées

Après plusieurs prototypes, "on a travaillé sur la rapidité, on est sur un temps de scan d’une seconde, affirme Laurent Loiselet. On a travaillé aussi sur le cryptage des données."

Avec la deuxième vague de Covid-19, il compte proposer ce scanner auprès des établissements hospitaliers, mais aussi de toute structure publique ou privée qui a des échanges administratifs à faire. Il a investi 200.000 € pour concevoir ce produit qu’il commercialisera sous peu à moins de 1.500 €.

Mais la crise économique qui découle de la situation sanitaire permettra-t-elle aux professionnels d’acheter un scanner sans contact ?

L’entrepreneur en a fait déjà les frais avec un prototype précédent. Il avait créé en avril dernier un portique amovible pour permettre la vente à emporter dans les boutiques. S’il en a réinstallé quelques-uns avec le reconfinement, il se doute qu’il n’en vendra pas beaucoup : après la première vague, certains commerçants exsangues n'ont pas la trésorerie pour investir dans ce type de matériel.
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